La Forêt de Brocéliande dans le département de l'ille et Vilaine

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La Forêt de Brocéliande dans le département de l'ille et Vilaine

Message  Romy50300 le Mar 6 Mar 2012 - 17:51

La Forêt de Brocéliande







Merlin et Viviane dans Brocéliande, d'après une gravure de Gustave Doré.


Brocéliande est une forêt mythique de la légende arthurienne, où se déroulent de nombreux récits mettant en scène Merlin, les fées Morgane et Viviane, ainsi que certains chevaliers de la table ronde.

Les textes y situent plusieurs hauts lieux et hauts faits, notamment le val sans retour où Morgane piège les hommes infidèles jusqu'à être déjouée par Lancelot du lac, et la fontaine de Barenton réputée faire pleuvoir.

Brocéliande serait aussi le lieu de la retraite, de l'emprisonnement ou de la mort de Merlin.

Le premier texte à la citer est le Roman de Rou, par le poète anglo-normand Robert Wace, autour de 1160.

C’est dans les textes postérieurs qu’elle trouve son nom actuel et la plupart de ses attributions, sans que les indices sur sa localisation soient concordants.

Sa première localisation physique revendiquée remonte au 30 août 1467 lorsque les Usemens et Coustumes de la foret de Brecilien sont écrits au château de Comper par un certain Lorence, chapelain du comte de Laval.

Anciennement, Brocéliande était assimilée à la forêt de Quintin, mais depuis le milieu du XIXe siècle, les différents auteurs l'associent de préférence à la forêt de Paimpont.

D'autres théories postulent sa localisation près de Huelgoat, du Mont Saint-Michel, de Dol, à Paule, voire en Normandie.


Étymologie


La plus ancienne forme connue, Brecheliant, a fait supposer que le toponyme serait basé sur le celtique Brec'h (colline), suivi d'un nom d'homme .

Brecilien supposée comme forme ancienne de Brécheliant est, elle, basée sur bre (colline ayant ici le sens de motte castrale) et le nom d'homme Silien, même si selon certains l'étymologie en *bré pourrait aussi désigner un point bas et marécageux.

Il existe trois Brecilien (ou Bressilien) en Bretagne.

Il s'agit de trois lieux nobles ayant possédé une motte féodale : le Brécilien de Paule, dans les Montagnes Noires, le Brecilien qui donne son nom à une forêt près de Paimpont et Montfort, et le Bressilien de Priziac (que E.Faral identifiait à la Brocéliande des romans), petite commune du Morbihan, qui semble avoir eu une certaine importance à l'époque carolingienne : le cartulaire de Landévennec mentionne qu'en 818, ce village aujourd'hui modeste reçoit la visite de Louis le Pieux.

Chez les trouvères, « Bresilianda » désignait la Bretagne armoricaine en entier.

La forme Brocéliande, plus tardive, pourrait être basée sur bro (signifiant pays en breton), mais semble être une invention de Chrétien de Troyes.


Sources anciennes


Wace cite les chevaliers bretons qui participent à la conquête de l'Angleterre, et parmi eux « Ceux de Brecheliant (sic) dont les Bretons disent maintes légendes… ».

Il cite aussi la fontaine de Barenton, qui a des propriétés merveilleuses : « La fontaine de Berenton/sort d'une part lez le perron… »

Il faut ensuite attendre Chrétien de Troyes qui vingt ans plus tard, dans le Chevalier au lion, évoque Brocéliande comme une forêt merveilleuse dont la fontaine (qu'il ne nomme pas) est défendue par un chevalier invincible.

Entre 1180 et 1230, Brocéliande est citée par divers auteurs : Huon de Mery, Guillaume Le Breton, Giraud de Barri, Alexandre Neckam, Robert de Boron... et apparaît aussi dans le roman occitan de Jauffré.

Aucun de ces auteurs n'indique la position exacte de la forêt. Au mieux, comme on peut le constater à la lecture de ces sources, ils indiquent que la forêt se trouve en Bretagne armoricaine.

Vers 1230, Robert de Boron est le premier à associer Merlin à Brocéliande.


Localisation





La forêt de Paimpont est la localisation possible la plus anciennement revendiquée et la plus reconnue pour Brocéliande depuis le milieu du XIXe siècle, mais pas la seule.


Les auteurs anciens étant muets sur la localisation de Brocéliande, il existe plusieurs hypothèses de valeurs inégales pour la situer.

Pour Wace, elle se situe en Bretagne armoricaine alors que pour Chrétien de Troyes elle semble se situer outre-Manche.

L'une de ces hypothèses serait que Brocéliande n'a jamais existé, et qu'il s'agirait d'un mythe relayé par Robert Wace, puis repris par Chrétien de Troyes à partir du texte de ce dernier.

La première revendication physique de Brocéliande date de 1467, lorsque la charte des « Usemens et Coustumes de la foret de Brecilien », est écrite le 30 août 1467 au château de Comper par un certain Lorence, chapelain du comte de Laval.

Le manuscrit reprend le texte de Wace jusque dans la description de la fontaine qui ferait pleuvoir : « il y a une fontayne nommée la fontayne de Bellenton, auprès de laquelle fontayne le bon chevalier Ponthus fist ses armes, ainsi que on peult le voir par le livre qui de ce fut composé ».

L'auteur, une personne avertie, donne ses sources en citant le Roman du chevalier de Ponthus.

Dans Hauts lieux de Brocéliande, Claudine Glot voit dans cette charte la plus ancienne preuve que les terres de Guy de Laval, seigneur de Comper, comprennent les hauts lieux de la légende arthurienne, bien avant la vague romantique du XIXe siècle.

À cette époque, les grandes familles bretonnes tentent d'appuyer leur gloire en revendiquant la possession de terres arthuriennes, ainsi, en 1475, les Rohan affirment descendre d'Arthur et posséder le château de la Joyeuse Garde « où le roi Arthur tenait sa cour ».

Les Laval, reconnaissant en leur terre de Brecilien le Brecheliant de Wace, inventent la fontaine magique et se proclament ainsi seigneurs de Brocéliande.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les auteurs romantiques défendent différentes localisations : l'abbé de La Rue évoque la forêt de Lorges près de Quintin, Châteaubriand l'identifie à Becherel, écrivant d'ailleurs :

« Au douzième siècle, les cantons de Fougères, Rennes, Bécherel, Dinan, Saint-Malo et Dol, étaient occupés par la forêt de Brécheliant ; elle avait servi de champ de bataille aux Francs et aux peuples de la Dommonée.

Wace raconte qu'on y voyait l'homme sauvage, la fontaine de Berenton et un bassin d'or. ».

Certains auteurs, dont le plus imaginatif semble être Blanchard de la Musse, retrouvent la charte des Usemens de Brecilien datée de 1467, et placent le Tombeau de Merlin et le val sans retour dans les environs de Montfort et de Paimpont.

Dès la fin du XVIIIe siècle, « l'identification entre la forêt de Paimpont et Brocéliande constitue comme une sorte de vérité historique » et en 1835, elle fait pratiquement l'unanimité.
Depuis les années 1980, des auteurs commencent à la mettre en doute, plaçant Brocéliande à Huelgoat, à Paule, dans la région de Dol voire en Normandie (ce qui, pour cette dernière hypothèse, est contraire aux textes les plus anciens).

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