Les rois et reines d'Angleterre

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Les rois et reines d'Angleterre

Message  Romy50300 le Mer 16 Mai 2012 - 17:44

SAXONS et DANOIS

 
 
Peuple germanique qui a participé à l’invasion de la Grande-Bretagne au Ve siècle.
Mentionnés pour la première fois au IIe siècle par l’astronome, mathématicien et géographe grec Ptolémée, les Saxons seraient sans doute originaires du sud de la péninsule du Jutland. Sous l’appellation de Saxons, se distinguent quatre principales tribus : les Nordalbingiens au nord de l’Allemagne, les Westphaliens à l’ouest, les Ostphaliens à l’est et les Angariens sur la Weser.

Excellents navigateurs, les Saxons pratiquent la piraterie dans la mer du Nord, la Manche et l’Atlantique. Aux IIIe et IVe siècles, différentes tribus se déplacent vers le sud dans la région de la Weser où ils se heurtent aux Chauens et aux Angrivariques, tribus germaniques qu’ils soumettent et absorbent. Dans la seconde moitié du IVe siècle, ils envahissent le territoire romain ; à la fin du VIe siècle, toute la Germanie est devenue saxonne.

À partir du Ve siècle, des Saxons s’implantent en Bretagne (actuelle Angleterre), où ils sont rejoints par d’autres peuples germaniques, notamment les Angles et les Jutes. La conquête anglo-saxonne de l’Angleterre est pratiquement achevée au début du VIIe siècle.

Comme les Saxons restent une menace pour les Francs, au VIIIe siècle, Pépin le Bref attaque les tribus restées en Allemagne. Son fils, Charlemagne, les soumet définitivement après une série de campagnes (772-785) et les convertit de force au christianisme.

Au cours du IXe siècle, après le traité de Verdun intégrant les Saxons au royaume de Louis le Germanique, un grand duché saxon est créé en 850. Les souverains francs y établissent, au Xe siècle, une dynastie de rois allemands, les Liudolf (dont sont issus Henri Ier l’Oiseleur et les empereurs Othon Ier le Grand, Othon II, Othon III et Henri II le Saint). Cet ancien duché saxon est dissous vers la fin du XIIe siècle et le nom de Saxe sera attribué plus tard à une région sans lien géographique.

     
 802 - 839  
     
EGBERT LE GRAND

Né vers 775 - mort en 839

Roi de Wessex puis de toute l'Angleterre de 828 à 839

Issu d'une famille noble du Kent, il se dit toutefois descendant de Cerdic (519-534), le fondateur du Wessex, royaume des Saxons de l'Ouest, au sud de l'Angleterre. Durant les dernières années du VIIIe siècle, alors que le roi Offa de Mercie (757-796) exerçait son pouvoir sur la quasi-totalité du royaume d'Angleterre, Egbert vécut en exil à la cour de Charlemagne. Il revint dans le Wessex en 802 et parvint alors à conquérir les royaumes voisins du Kent, de Cornouailles et de Mercie. Par ailleurs, dès 830, il se fit reconnaître roi de l'East Anglia, du Sussex, du Surrey et de la Northumbrie, et fut nommé bretwalda (qui signifie, en anglais, « dirigeant des Britanniques »). Au cours des années suivantes, Egbert livra diverses batailles contre les Gallois et les Vikings. Un an avant sa mort, il vainquit les Danois alliés aux Gallois à Hingston Down, en Cornouailles. Son fils Ethelwulf, père d'Alfred le Grand, lui succéda.
 
     
 839 - 858  
     
 ETHELWULF

Mort en 858

Fils de Egbert

Après s’être emparé du Kent, puis d’autres régions du Sud, Egbert mit Ethelwulf (ou Æthelwulf) sur le trône du Kent. A la mort de son père, Ethelwulf devint roi du Wessex à son tour, tandis que son frère Ethelstan (ou Æthelstan) recevait le titre de vice-roi du Kent. Au cours de sa lutte contre les Danois, il eut le dessous à trois reprises, mais, en 851, il remporta sur eux une grande victoire à Acléa. Ceux-ci reprirent cependant leurs incursions et s’établirent dans l’île de Sheppey. Ethelwulf, souverain chrétien, passa douze mois à Rome. Il se lia aussi avec le roi de France Charles le Chauve, qui lui donna en mariage sa fille Judith. Deux ans avant sa mort, un de ses fils, Ethelbald (ou Æthelbald), se ligua avec un évêque contre lui et s’empara de son royaume. Toutefois, dans son testament, Ethelwulf désignait Ethelbald comme son successeur, sous réserve qu’il partageât le pouvoir avec ses deux autres frères. L’un de ceux-ci, Alfred, devait devenir l’un des plus célèbres rois de l’époque saxonne, et rester dans l’histoire sous le nom d’Alfred le Grand.
La généalogie d’Ethelwulf, telle qu’elle apparaît dans l’Anglo-Saxon Chronicle, est fantaisiste ; elle avait pour but d’auréoler les ascendants d’Alfred le Grand, à un moment où le sort de la dynastie ouest-saxonne paraissait fort incertain.


     
 858 - 860  
     
ETHELBALD

Mort en 860

Fils d'Ethelwulf
 
     
 860 - 866  
     

 ETHELBER


Mort en 866

Troisième fils d'Ethelwulf

     
 866 - 871  
     
ETHELRED Ier

Mort en 871

Quatrième fils d'Ethelwulf
 
     
 871 - 891  
     
ALFRED LE GRAND

Né vers 848 - mort en 901

Il combattit contre les Danois et conquit une grande partie de l'Angleterre dont il devint le souverain nominal.

Alfred était le plus jeune des cinq fils du roi Ethelwulf. À la mort de son frère Ethelred Ier, il devint roi, en pleine invasion danoise. Bien qu'il ait réussi à faire la paix avec les Danois, ceux-ci reprirent leurs offensives cinq ans plus tard et, au début 878, ils s'étaient infiltrés en de nombreux endroits. Alfred reprit donc les armes et vainquit les Danois à Edington. Il les obligea à accepter la paix de Wedmore (878), par laquelle le roi danois devenait son vassal. Pendant les quatorze années suivantes, Alfred se consacra aux affaires de son royaume. En 886, il prit toutefois la ville de Londres.
En 893, les Danois envahirent à nouveau l'Angleterre et plongèrent le pays dans quatre années de guerre. Ils furent néanmoins contraints de se retirer du territoire d'Alfred. Seul souverain capable de leur résister, Alfred fit de son royaume le carrefour de tous les Saxons, et le terrain d'une future réunification.
Alfred fut un protecteur de l'éducation et fit beaucoup pour celle de son peuple. Il créa une école à la cour et y invita des érudits anglais et étrangers, dont le moine gallois Asser et le philosophe et théologien d'origine irlandaise Jean Scot Erigène. Alfred traduisit des ouvrages de Boèce, de Paul Orose et du pape Grégoire Ier. Les lois d'Alfred, les premières à être promulguées en plus d'un siècle, furent aussi les premières à ne faire aucune distinction entre les peuples anglais et gallois. Dans le domaine religieux, il soutint la réforme de l'Église.

     
 891 - 939  
     
ÉDOUARD L'ANCIEN

Mort en 924

Roi des Angles et des Saxons, Édouard l’Ancien (ou Eadweard, Edward) était le deuxième fils du roi Alfred le Grand. Avec son père, il avait pris une part active dans la lutte contre les Danois que son père avait obligés à se fixer dans le Danelaw (nord et ouest de Watling Street) et qu’il avait forcés à se faire chrétiens. Quand Édouard lui succéda, en 899, il dut faire face à son cousin Ethelwold, qui s’empara des manors de Wimborne et de Christchurch et le défia. En vain ; Ethelwold dut s’enfuir et se réfugier en Northumbrie ; il ligua alors contre Édouard les Danois d’York et de l’Angleterre de l’Est, mais il fut tué dans une bataille, ainsi que le roi danois Eohric. En 905 ou 906, Édouard signe la paix avec les Danois de l’East Anglia et de Northumbrie à Tiddingford (Yttingaford), dans le Buckinghamshire. Mais il doit bientôt reprendre la lutte contre les Danois, ce qu’il mène à bien avec l’aide de sa sœur Ethelflaed, à qui il donne les fonctions d’alderman, et qui poursuit la lutte dans l’Ouest, contre les Gallois. À l’est, les Danois perdent leur roi à la bataille de Temsford. Finalement, en 924, apprenant que le roi danois d’York voulait épouser sa fille, Édouard découpe le pays en shires (sections), ce qui lui permet de devenir roi du pays, au sud du Trent. Le roi d’Écosse le reconnaît la même année comme « père et seigneur », de même que le roi de Northumbrie et celui des Bretons (Gallois) de Strathclyde. Édouard meurt en 924 à Farndon-on-Dee, en Mercie.
Édouard a fait adopter différentes lois, considérées comme « bonnes » et créé des évêchés dans le sud de l’Angleterre.
 
     
 925 - 939  
     
ATHELSTAN

Né en 895 -mort en 940

Fils d'Édouard l'Ancien

Premier monarque à prendre le titre de roi d'Angleterre.

Fils d'Édouard l'Ancien, il fut couronné à Kingston-upon-Thames. Ambitieux et brillant, il avait pour dessein d'unifier toute la Bretagne (ancienne Britannia) pour la soumettre à son pouvoir. À la mort de son beau-frère, Sihtric, roi de Northumbrie (921-926), Édouard prit possession de ses territoires. Les autres rois qui se partageaient l'île durent se soumettre, et Édouard prit alors le titre de Rex totius Britanniae (roi de toute la Bretagne). Une ligue, constituée de Gallois, d'Écossais et de Danois se forma contre lui. Les deux camps s'affrontèrent dans de violents combats en 937, notamment lors de la bataille de Brunanburh, où les ennemis d'Athelstan furent battus.


     
 939 - 946  
     
EDMOND Ier

Né vers 922 - assassiné en 946

Fils du roi Édouard l’Ancien réputé pour ses réformes de la loi, Edmond succède à son demi-frère Athelstan en 939. L’année suivante, Olaf Godfreyson, souverain viking de Dublin, s’empare du territoire de la Northumbrie, située au nord de l’Angleterre, et étend sa domination jusqu’à Leicester, dans l’extrême Sud.
Edmond parvient à rétablir son autorité sur la Northumbrie trois ans plus tard. En 945, il occupe le Strathclyde, à l’ouest, et l’offre à son allié Malcolm Ier, roi d’Écosse. L’année suivante, Edmond est assassiné par un voleur et a pour successeur son frère Edred (qui règne de 946 à 955).

 
     
 946 - 955  
     
EDRED

Mort en 955

Quatrième fils d'Édouard l'Ancien

     
 955 - 959  
     
EDWY

Né en 940 - mort en 959

Fils d'Edmond Ier
 
     
 959 - 975  
     
EDGAR LE PACIFIQUE

Né en 944 - mort en 975

Fils cadet d'Edmond Ier, qui renforça l'autorité et le prestige de la monarchie anglo-saxonne. En 957, sous le règne de son frère, le roi Edwin, il fut choisi comme souverain par la Mercie et la Northumbrie. L'une de ses premières décisions fut de rappeler le réformateur monastique saint Dunstan, qu'Edwin avait exilé ; il le nomma par la suite évêque de Worcester et de Londres et archevêque de Canterbury. En 959, il gouvernait tout le royaume d'Angleterre. Son règne fut marqué par le raffermissement de la nation, la réforme du clergé, l'amélioration du système judiciaire et la création d'une flotte destinée à défendre la côte contre les Vikings.

     
 975 - 979  
     
ÉDOUARD LE MARTYRE

Né en 963 - assassiné en 978

Fils d'Edgar le Pacifique
 
     
 979 - 1016  
     
 ETHELRED II

Né en 968 - mort en 1016

Frère d'Édouard le Martyre

     
 1016 - 1017  
     
EDMOND II CÔTES DE FER

Né vers 988 - mort en 1017

Fils d'Ethelred II

Après la mort d'Ethelred, Edmond fut choisi comme roi par le peuple de Londres. Mais Canut II, roi de Danemark, qui dirigea l'invasion de l'Angleterre, s'assura le soutien du Conseil des sages (le witenagemot) à Southampton et reçut l'appui d'Edric, le gendre d'Ethelred. Edmond combattit les Danois, remportant plusieurs batailles et forçant Canut à lever le siège devant Londres. Il fut pourtant vaincu à Assandun (aujourd'hui Ashington), trahi par Edric. Une trêve fut alors conclue entre Canut et Edmond : Edmond pouvait régner sur le sud de l'Angleterre jusqu'à sa mort, qui survint la même année. Canut étendit alors sa domination sur la région.

 
     
 1017 - 1035  
     
CANUTE LE DANOIS

Né en 995 - mort en 1035

Par conquête et élection

Roi d'Angleterre de 1016 à 1035 sous le nom de Canut Ier, du Danemark de 1018 à 1035 et de Norvège de 1028 à 1035.

Fils et successeur de Sven Ier Tveskägg, roi de Danemark, Canut entreprit la conquête de l'Angleterre en 1013 et chassa son roi Ethelred II. Celui-ci réussit à reprendre son trône en 1014. Canut revint alors en 1015 et eut tôt fait de soumettre l'ensemble de l'Angleterre, à l'exception de Londres. Après la mort d'Ethelred, en 1016, les habitants de Londres proclamèrent roi son fils, Edmond II Ironside. Une lutte pour le pouvoir s'ensuivit. Les Londoniens furent défaits à Ashingdon, dans l'Essex, en octobre 1016. Edmond mourut le mois suivant et Canut fut alors le maître de l'Angleterre. Il gouverna en homme sage et juste et entretint des relations pacifiques aves les pays du continent. Il épousa la veuve d'Ethelred, Emma de Normandie, apporta son appui à l'Église et, en 1027, se rendit à Rome pour le couronnement de l'empereur, Conrad II le Salique. Il divisa l'Angleterre, à des fins administratives, en quatre comtés : la Mercie, le Northumberland, le Wessex, et l'Est-Anglia.
Canut vécut en Angleterre même après qu'il eut hérité de la couronne du Danemark en 1018. Briguant le trône d'Olaf II de Norvège, Canut lui déclara la guerre, le vainquit à Stiklestad en 1030, le contraignit à l'exil et installa à sa place son fils, Suénon. Canut régna alors en seul maître. À sa mort, son empire fut disloqué. Deux de ses fils reçurent alors respectivement les trônes d'Angleterre et du Danemark, tandis que le fils d'Olaf II devenait roi de Norvège.

     
 1035 -1042    
     
HAROLD Ier

Né en 1017 - mort en 1040

Dit Harold Harefoot, « Pied de lièvre », (mort en 1040), fils illégitime de Canut Ier, roi de Danemark, de Norvège et d'Angleterre. À la mort de son père en 1035, qui avait préalablement désigné à sa succession son fils légitime Hardi Canut, Harold réclama le trône d'Angleterre. Le Conseil royal anglais, soucieux d'éviter une guerre civile, trancha en accordant la Mercie et la Northumbrie à Harold, et le Wessex à Hardi Canut. Ce dernier demeura cependant au Danemark, et le Wessex fit allégeance à Harold qui devint roi d'Angleterre en 1037. Il régna en tyran et ne cessa de lutter contre Hardi Canut.

 
     
 1042 - 1066  
     
ÉDOUARD LE CONFESSEUR

Né vers 1002-1007- mort en 1066

Né à Islis, petit-fils de Richard Ier, duc de Normandie, et fils d’Éthelred II, Édouard fut choisi comme roi du vivant de son frère aîné Hartha-Cnut, grâce à l’appui de Godwine, comte de Wessex. À la mort de son frère, en 1042, il fut « reconnu roi par tous », mais ne fut couronné qu’en 1043 . Cependant, malgré l’appui qu’il avait manifesté au roi, Godwine, qui était en butte à l’hostilité de favoris normands, fut banni par Édouard. En 1052, Godwine et ses fils levèrent des hommes en Irlande et en Flandre et, ayant dévasté l’ouest de l’Angleterre, arrivèrent à Londres. Mais le roi se réconcilia avec Godwine et la puissance de ce dernier et de sa famille ne fit que croître. À la mort d’Édouard, c’est Harold, fils de Godwine, qui lui succéda. Édouard l’avait désigné au Conseil comme son héritier, malgré de sombres pressentiments suscités par les ambitions de Guillaume de Normandie et malgré le serment que Harold avait été contraint de prêter en 1065 de laisser la couronne au duc normand.
É douard a laissé le souvenir d’un homme profondément religieux, d’où son surnom de Confesseur. Il fut du reste canonisé et, pendant longtemps, fut le saint le plus populaire dans le sud du pays, comme saint Cuthbert dans le nord et saint Edmond dans l’est. C’est à lui que les Anglais firent remonter le pouvoir des rois de guérir les écrouelles. À la fin de sa vie, il consacra le monastère qu’il avait fait construire à Westminster. On lui doit aussi un recueil de lois.


     
 1066  
     
HAROLD II

Né en 1022 ? - mort à Hastings en 1066

Beau-frère d'Édouard le Confesseur

À la mort, en 1053, de son père Godwin, comte de Wessex et de Kent, Harold, qui avait reçu le comté d’Est-Anglie en 1044, devint l’homme puissant d’Angleterre. En 1057, il obtint des comtés pour ses trois frères, Tostig, Gyrth et Leofwine et n’eut pour seul rival que Léofric de Mercie. En 1065, faisant droit aux revendications des Northumbriens révoltés contre Tostig, leur comte, Harold donna le comté au souverain de Mercie, et s’aliéna ainsi définitivement Tostig. Édouard le Confesseur l’aurait désigné, sur son lit de mort, comme héritier du trône, au mépris des promesses qu’il avait faites antérieurement à Guillaume le Bâtard, duc de Normandie. Aussi, quand Harold prit le pouvoir, à la mort d’Édouard (5 janvier 1066), il dut immédiatement faire face aux menaces de Guillaume et d’un autre prétendant, Harald III Hårdråde, roi de Norvège, ainsi qu’à l’hostilité de Tostig. En mai, Harold mobilisa sa flotte et son armée contre une éventuelle invasion de Guillaume, mais il dut les employer à repousser les attaques de Tostig sur les côtes sud et est d’Angleterre et, en septembre, à court de vivres, fut contraint de les renvoyer. Rien ne s’opposait plus à ce que Guillaume traversât la Manche. Tostig et Harald III joignirent leurs forces et envahirent l’Angleterre, mais ils furent défaits et tués par Harold à Stamford Bridge, dans le Yorkshire, le 25 septembre. Trois jours plus tard, Guillaume débarquait en Angleterre. Harold l’attaqua près de Hastings. Au cours de la bataille, il fut tué ainsi que Gyrth et Leofwine. Guillaume, devenant Guillaume Ier, monta sur le trône d’Angleterre ; la période anglo-saxonne de l’histoire d’Angleterre se terminait.

 
     
 
 
MAISON DE NORMANDIE

     
 
 
 1066 - 1087  
     
GUILLAUME Ier LE CONQUÉRANT

Né vers 1078 - mort en 1087

Epoux de Mathilde de France

Obtient la couronne par conquête

Né à Falaise (en Normandie), Guillaume est le fils illégitime du duc Robert Ier de Normandie et de la fille d'un tanneur (souvent appelée Arlette), ce qui lui vaut le surnom de « Guillaume le Bâtard ». Bien que le duc l’ait désigné comme son successeur en 1033, Guillaume se heurte à la résistance des barons normands après la mort de son père, en juillet 1035. Une rébellion éclate contre le jeune duc, alors âgé de 8 ans, et ce n'est qu'au terme de sa minorité que Guillaume réussit à affirmer sa position : en 1047, ayant reçu le soutien du roi Henri Ier de France, il remporte la victoire décisive du Val-des-Dunes sur les armées rebelles.
En 1051, le duc Guillaume se rend en Angleterre où il rencontre son cousin le roi Édouard le Confesseur. Celui-ci, sans descendance, le choisit comme héritier de la couronne d'Angleterre. Deux ans plus tard, le Normand renforce ses prétentions au trône en épousant, malgré l'interdit pontifical motivé par leur proche parenté, Mathilde de Flandre — fille du comte Baudouin V de Flandre et descendante du roi anglais Alfred le Grand. Craignant la puissance nouvelle de son vassal, le roi Henri Ier de France tente d'écraser le duc mais, à deux reprises, Guillaume vainc les armées royales (1054 à Mortemer ; 1058 à Varaville). En Angleterre, la promesse du roi Édouard est mal perçue par les grands du royaume. Elle est cependant bientôt appuyée par le comte Harold II de Wessex ; ce dernier, prisonnier de Guillaume après avoir échoué sur les côtes normandes vers 1064, est libéré contre son appui inconditionnel à la revendication de Guillaume au trône d'Angleterre.
Cependant, après la mort du roi Édouard en 1066, le witenagemot (conseil du roi) choisit Harold de Wessex comme successeur. Déterminé à faire prévaloir ses droits, Guillaume s'assure le consentement du pape Alexandre II et entreprend la conquête de l'Angleterre. Le duc et son armée accostent à Pevensey le 28 septembre 1066. Le 14 octobre, les Normands vainquent les armées anglaises lors de la bataille d'Hastings, au cours de laquelle Harold est tué — la célèbre tapisserie de Bayeux relate cette victorieuse épopée de Guillaume. Le Conquérant fait alors route vers Londres et, le jour de Noël, est couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster.
Afin de contrer la résistance des Anglais qui refusent cette domination étrangère, le nouveau roi Guillaume Ier ordonne le saccage de vastes régions du pays, notamment dans le Yorkshire, où les forces danoises soutiennent les Saxons. En 1070, la conquête normande est achevée. Deux ans plus tard, Guillaume envahit l'Écosse et impose au roi Malcolm III Canmore de lui rendre hommage.
Installé à Londres, le nouveau roi fait construire sa demeure en pierre de Caen et du Kent, la fameuse Tour de Londres (1078). Mais la principale réalisation du règne de Guillaume Ier reste la réorganisation du système féodal et administratif de l'Angleterre.
En 1086, cherchant à déterminer les revenus de la couronne, le souverain commande la première étude cadastrale dénombrant les terres du pays dans un but fiscal : le Domesday Book (« Livre du Jugement dernier »). De même, il démembre les grands comtés qui bénéficiaient d'une quasi-indépendance sous ses prédécesseurs, et distribue les terres confisquées à ses fidèles serviteurs normands.
Guillaume introduit le système féodal en vigueur sur le continent. Par le serment de Salisbury (1086), tous les seigneurs lui jurent fidélité, consacrant ainsi le principe de l'allégeance directe de chaque seigneur à la puissance royale. Les seigneurs doivent reconnaître la compétence juridictionnelle des tribunaux locaux que Guillaume Ier maintient en place avec de nombreuses autres institutions anglo-saxonnes. Les tribunaux ecclésiastiques et séculiers sont séparés et le pouvoir pontifical sur les affaires de l'Angleterre est fortement limité.
À partir de 1075, Guillaume Ier le Conquérant doit faire face à une révolte en Normandie, fomentée par son fils aîné Robert Courteheuse, fort du soutien du nouveau roi Philippe Ier de France. Guillaume se rend alors fréquemment sur le continent afin de leur livrer bataille. En 1087, Guillaume riposte au pillage d’Évreux par l’incendie de la ville de Mantes (aujourd'hui Mantes-la-Jolie). Victime d'une chute de cheval, il meurt à Rouen où il a été transporté. Il est enseveli à Caen, dans l’abbatiale Saint-Étienne.
À sa mort, deux de ses fils lui succèdent sur le trône d'Angleterre sous les noms de Guillaume II le Roux (1087-1100) et Henri Ier Beauclerc (1100-1135).

     
 1087 - 1100  
     
GUILLAUME II LE ROUX

Né vers 1056 - mort en 1100

Il étendit les possessions anglaises à la Normandie et à l'Écosse. Troisième fils de Guillaume Ier le Conquérant, roi d'Angleterre, il fut désigné comme successeur par son père sur son lit de mort, le duché de Normandie revenant à son frère aîné Robert II Courteheuse. Guillaume le Roux fut couronné à Westminster Abbey en 1087. L'année suivante, son oncle, Odon de Conteville, évêque de Bayeux, prit la tête d'une révolte des barons normands qui cherchaient à le renverser pour le remplacer par son frère Robert. Les sujets de Guillaume le Roux, croyant à ses promesses de réduction d'impôts et de lois plus libérales, l'aidèrent à écraser la révolte. Le roi, malgré ses promesses, continua à mener une politique autoritaire.
Guillaume le Roux envahit la Normandie à trois reprises, en 1089, 1091, et 1094, obtenant à chaque fois des concessions de la part de son frère Robert II, duc de Normandie. Il força le roi d'Écosse Malcolm III Canmore à lui rendre hommage et, en 1092, s'empara de la ville de Carlisle ainsi que d'autres possessions convoitées par le roi Malcolm dans le Cumberland et le Westmorland. En 1096, Robert hypothéqua la Normandie à Guillaume en échange de subsides pour financer une croisade. Guillaume le Roux lutta alors pour recouvrer les possessions perdues par Robert et reprit le contrôle du Maine.
Après la mort de Lanfranc, archevêque de Canterbury, en 1089, Guillaume le Roux tarda à nommer son successeur. Il laissa vacantes des charges d'évêques et s'enrichit avec l'argent de l'Église, s'attirant la rancune de nombreux ecclésiastiques. En 1093, il choisit Anselme, abbé du Bec, comme nouvel archevêque de Canterbury, mais un conflit ne tarda pas à éclater entre les deux hommes en raison des prétentions du roi à contrôler les nominations dans l'Église.
Guillaume fut tué le 2 août 1100, lors d'une expédition de chasse dans le Hampshire. Il fut enterré à Winchester. Sans héritier direct, il eut comme successeur son frère Henri Ier Beauclerc.
 
     
 1100 - 1135  
     
HENRI Ier BEAUCLERC

Né vers 1068 - mort en 1135

Quatrième fils de Guillaume Ier le Conquérant

Epoux de Mathilde d'Écosse, puis d'Adèle de Louvain

24 enfants

Son père, mort en 1087, ne lui ayant laissé aucune terre, Henri fit plusieurs intrusions sur le continent pour tenter, en vain, de s'approprier des territoires. À la mort de son frère Guillaume II le Roux, en 1100, Henri s'empara du trône, au détriment de son frère Robert II Courteheuse et se fit couronner roi à Westminster. Il s'assura ensuite du soutien des nobles et de l'Église en établissant une charte de libertés établissant les droits féodaux et les droits de l'église. En 1106, il enleva la Normandie à Robert II, lors de la bataille à Tinchebray. Mais, durant son règne, il dut faire face à de nombreux soulèvements qui menaçaient sa souveraineté en Normandie. Le conflit qui opposa Henri à saint Anselme, archevêque de Canterbury, à propos des Investitures, fut réglé en 1107 par un compromis qui laissa au roi un contrôle considérable sur la nomination d'officiels de l'Église.
N'ayant plus aucun héritier masculin, Henri dut désigner sa fille Mathilde comme héritière. À sa mort cependant, le 1er décembre 1135, à Lyons-la-Forêt, en Normandie, le neveu d'Henri, Étienne de Blois, usurpa le trône, plongeant le pays dans une très longue guerre civile, qui ne s'acheva qu'à l'accession au trône du fils de Mathilde, Henri II, en 1154.

     
 1135 - 1154  
     
ETIENNE DE BLOIS

Né en 1097 - mort en 1154

Troisième fils du Comte de Blois et d'Adèle, fille de Guillaume Ier

Epoux de Mathilde de Boulogne

Il affaiblit le royaume par de nombreuses guerres civiles. Petit-fils du roi Guillaume Ier le Conquérant et neveu d'Henri Ier, il jura fidélité en 1125 à la fille d'Henri, Mathilde, qui devait succéder à son père sur le trône. Cependant, après la mort d'Henri, Étienne se proclama roi. Il dut faire face à l'opposition de nombreux barons anglais, ainsi qu'à celle de Mathilde et de ses partisans, et son règne fut troublé par l'anarchie et les guerres intestines constantes. Pendant six mois, en 1141, il fut prisonnier de Mathilde qui règna pendant ce temps. Étienne fut restauré sur le trône, mais Mathilde et de nombreux nobles continuèrent pendant cinq ans à s'opposer à lui. Ces fréquentes guerres civiles ravagèrent les terres et l'Angleterre plongea presque entièrement dans le chaos. En 1148, Mathilde quitta l'Angleterre et abandonna ses revendications en faveur de son fils Henri d'Anjou, futur Henri II, qui lutta contre Étienne jusqu'en 1153 ; ce dernier fut forcé de désigner Henri comme son héritier.


Dernière édition par Romy50300 le Mer 16 Nov 2016 - 20:17, édité 3 fois
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Re: Les rois et reines d'Angleterre

Message  Romy50300 le Mer 16 Nov 2016 - 20:18

MAISON DES PLANTAGENET

 
 
Plantagenêt, nom de famille — à l'origine surnom — de la maison royale d'Anjou ou de la dynastie angevine, fondée par Geoffroi V, comte d'Anjou (1113-1151), mari de Mathilde (1102-1167), fille du roi Henri Ier d'Angleterre. Le nom dérive du latin planta (« brin ») et genista (« genêt »), en allusion à la branche de genêt que Geoffroi portait toujours à son casque. Les rois Plantagenêt régnèrent de 1154 à 1485, et la principale lignée compta Henri II, Richard Ier Cœur de Lion, Jean sans Terre, Henri III, Édouard Ier, Édouard II, Édouard III, et Richard II. Ses descendants furent, par la maison de Lancastre, Henri IV, Henri V et Henri VI et, par la maison d'York, Édouard IV, Édouard V et Richard III.
     
 1154 - 1189  
     
HENRI II

Né en 1133 - mort en 1189

Fils de Geoffroy Plantagenêt et de Mathilde qui est la seule fille d'Henri Ier

Epoux d'Eléonore d'Aquitaine

Petit-fils d’Henri Ier, désigné par son grand-père pour lui succéder dès le moment de sa naissance, écarté en fait du trône par Étienne, neveu du roi défunt, Henri II doit tout à l’énergie de sa mère, Mathilde, et de son père, Geoffroi V Plantagenêt. Il est couronné en 1154 et, dès ce moment, il est le maître non seulement de l’Angleterre, mais aussi de la Normandie ; en outre, grâce à un mariage opportun avec Aliénor d’Aquitaine, il contrôle tout le sud-ouest de la France . L’Anjou, le Maine et la Touraine compléteront son Channel State. Il aura quelque peine à maintenir son autorité sur un aussi vaste ensemble et devra affronter des révoltes féodales en Angleterre, les intrigues des rois de France Louis VII et Philippe Auguste et, à la fin de sa vie, le soulèvement de ses propres fils, Henri, Richard et Geoffroi. Pourtant, conquérant de l’Irlande en 1171-1172, ayant rêvé en vain d’établir son autorité sur l’Écosse, il est l’un des créateurs et des réalisateurs du rêve anglais qui consistait à réunir les îles Britanniques sous un seul sceptre.
Henri II a été en Angleterre un souverain autoritaire et un roi justicier : en révoquant, en 1170, presque tous les shérifs et en les remplaçant par des personnages plus modestes et plus soumis, il a préservé son droit d’intervention dans les comtés et contribué à asseoir un véritable pouvoir local d’origine royale ; c’est sous son règne qu’est entreprise la fixation du droit coutumier, avec l’aide des plus grands érudits du temps, Ranulf de Glanville, Richard Fitz-Nigel, Thomas Becket, Roger Hoveden, Hubert Walter ; la common law va s’imposer, imprégnée de droit romain, mais non pas exclusivement inspirée par lui : de véritables codes sont promulgués, dont le plus célèbre, en 1164, les Constitutions de Clarendon ; des tribunaux royaux sont organisés, hiérarchisés depuis le Hundred (Conseil des Cent) jusqu’au Grand Conseil, et des cours itinérantes, assistées de jurys recrutés sur place, viennent offrir la justice royale, civile et criminelle dans les lieux les plus éloignés de Londres et non sans devoir reconnaître l’autonomie des cours féodales les plus puissantes. Ayant réorganisé l’administration de l’Échiquier, Henri II développe un système fiscal original et réussit à imposer l’écuage, impôt représentatif du service militaire que les vassaux auraient renoncé à accomplir outre-mer : l’immunité fiscale des seigneurs est ainsi brisée. Le souci d’uniformisation autoritaire lui vaut son plus grave échec : désireux de soumettre également l’Église, il tente d’imposer l’autorité judiciaire du pouvoir temporel, notamment sur les clercs criminels ; il se heurte à l’un de ses anciens conseillers, devenu archevêque de Canterbury, Thomas Becket, et le meurtre de ce dernier, en 1170, est imputé à l’exaspération du roi ; celui-ci, pour obtenir du pape le pardon nécessaire, doit s’incliner et renoncer d’autre part à la faculté de s’opposer à la publication en Angleterre de tout acte pontifical. Henri II aura été le premier souverain qui, après la conquête normande, aura réalisé l’amalgame de traditions françaises et de coutumes locales et donné à la Constitution anglaise un aspect original.


     
 1189 - 1199  
     
RICHARD Ier COEUR DE LION

Né en 1157 - mort en 1199

Epoux de Bérengère de Navarre

Fils d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, duc d’Aquitaine dès l’âge de onze ans, Richard Cœur de Lion participe, avec son frère aîné Henri le Jeune, à la grande révolte de 1173-1174 contre Henri II, révolte soutenue par le roi de France Louis VII. Battu, il se soumet et aide son père à mater la rébellion des seigneurs aquitains en 1183. À la mort d’Henri le Jeune (1183), il devient l’héritier du trône . À nouveau en conflit avec son père, il prête hommage à Philippe Auguste pour toutes les possessions des Plantagenêts dans le royaume de France (1188) et participe aux côtés du Capétien à la campagne qui se termine par la défaite et la mort d’Henri II. Devenu roi, Richard se trouve face à son allié de la veille ; mais, Jérusalem étant tombée entre les mains des infidèles, les deux souverains prennent la croix à la suite de l’empereur Frédéric Barberousse déjà parti pour la Terre sainte. Pour financer l’expédition, Richard puise dans le trésor laissé par son père et vend son indépendance à l’Écosse. Les deux rois quittent Vézelay en 1190 et hivernent en Sicile où Richard se conduit en maître. Avant d’arriver en Terre sainte, il enlève l’île de Chypre à Isaac Comnène et y épouse Bérengère de Navarre (mai 1191). Débarqué à Acre, il joue un rôle décisif dans la prise de la ville. Philippe Auguste étant alors rentré en France (août 1191), Richard reste le véritable chef de la troisième Croisade. À la tête d’une puissante armée, il remporte de brillantes victoires sur Saladin (Arsouf, 1191 ; Jaffa, 1192). Il force l’admiration de l’ennemi par ses prouesses, mais ne peut pénétrer trop longtemps à l’intérieur des terres sous peine de voir ses communications coupées. À deux reprises, il s’arrête à quelques kilomètres de Jérusalem. Pendant son absence, Philippe Auguste attaque la Normandie et traite avec Jean sans Terre, le dernier fils d’Henri II, qui s’est emparé de la régence. Richard signe une trêve avec Saladin (sept. 1192) qui laisse aux croisés le littoral de Tyr à Jaffa et la liberté de pèlerinage à Jérusalem, puis il s’embarque pour l’Occident. Après avoir fait naufrage près de Venise, il est capturé par le duc Léopold d’Autriche qu’il avait humilié en Orient et qui le livre à l’empereur Henri VI. Il n’est libéré qu’en février 1194 à des conditions très dures : une énorme rançon et la reconnaissance de la suzeraineté impériale sur l’Angleterre. Rentré dans son royaume, il se fait couronner une seconde fois et, au bout d’un mois, gagne la Normandie pour combattre Philippe Auguste. La guerre dure cinq ans ; Richard met en défense la Normandie (construction de Château-Gaillard) et remporte des succès importants (Fréteval, 1194 ; Courcelles, 1198) ; une trêve imposée par le pape accorde un répit indispensable au Capétien en janvier 1199. Trois mois plus tard, Richard est tué à Châlus, dans le Limousin, en assiégeant le château du vicomte de Limoges, son vassal.
Homme d’un caractère excessif, capable de larges générosités comme des pires violences, c’est avant tout un guerrier qui, à la différence de son père, méprise la paix. Chevalier accompli, d’un courage remarquable, Richard acquiert le surnom de Cœur de Lion en Terre sainte. Personnage de légende plus que grand souverain, prince aquitain plus que roi d’Angleterre, il ne passa que six mois de son règne dans son royaume.
 
     
 1199 - 1216  
     
JEAN SANS TERRE

Né en 1167 - mort en 1216

Epoux d'Isabelle de Gloucester puis d'Isabelle d'Angoulême

Le règne fut marqué par la signature de la Grande Charte.

Né à Oxford, il était le quatrième fils du roi Henri II et d'Aliénor d'Aquitaine. Avec le soutien du roi de France Philippe II Auguste, Jean et son frère Richard se révoltèrent contre leur père en 1189. Cette même année, la mort d'Henri II permit à Richard Ier Cœur de Lion de monter sur le trône. Alors que son frère participait à la troisième croisade, Jean essaya d'usurper la couronne. Richard lui pardonna à son retour. En 1199, Jean succéda à Richard, au détriment de son neveu Arthur Ier de Bretagne, qu'il fit assassiner en 1203.
Ayant enlevé Isabelle d'Angoulême pour en faire se femme, Jean fut cité devant les pairs de France en 1202 et condamné par défaut à la perte de ses possessions françaises : la Normandie, l'Anjou, le Maine, la Touraine, le Poitou. C'est alors qu'il reçut le surnom de Jean sans Terre. À la suite de la guerre engagée par le roi Philippe II Auguste, le roi Jean ne put conserver en 1206 que l'Aquitaine et son fief du Poitou. Au cours de l'année 1207, Jean se brouilla avec le pape Innocent III au sujet du titulaire de l'archevêché de Canterbury, Étienne Langton. Innocent III jeta l'interdit sur le royaume (1208) puis excommunia son roi (1209), avant d'autoriser Philippe Auguste à conquérir l'Angleterre. En affirmant ses liens de vassalité avec le pape et en faisant amende honorable, Jean réussit à rétablir sa situation. Mais la coalition qu'il avait organisée contre le roi de France fut défaite près d'Angers puis à Bouvines, en 1214. Jean dut alors faire face à la révolte des barons d'Angleterre qui l'obligèrent à accepter la Grande Charte en 1215. Celle-ci garantissait les droits féodaux et les libertés des villes contre l'arbitraire royal. Dès 1216, Jean désavouait la Charte. Comme il s'était soustrait à ses engagements, les barons donnèrent sa couronne au fils de Philippe Auguste, le futur Louis VIII. Celui-ci débarqua en Angleterre. La mort soudaine de Jean sauva la dynastie en permettant à son fils Henri III de prendre possession de la couronne. Louis VIII fut battu en 1217 et la Grande Charte restaurée en 1265.

 
 
     
MAISON DES CAPÉTIENS

 
 
 1216-1217  
     
LOUIS

Fils de Philippe Auguste (futur Louis VIII)

Louis VIII le Lion (1187-1226), roi de France (1223-1226), fils de Philippe II Auguste et époux de Blanche de Castille. Il combattit farouchement les Anglais et assura le retour sous l'autorité royale des provinces tenues par les albigeois.
Au cours du règne de son père, Louis défit le roi d'Angleterre Jean (dit « sans Terre ») à La Roche-aux-Moines, en 1214, avant de se voir proposer l'année suivante la couronne d'Angleterre par des barons hostiles à leur roi. Louis lança alors une expédition, mais ne put obtenir le trône du fait de la mort soudaine du roi Jean.
Devenu roi en 1223, Louis VIII s'appliqua à détruire le pouvoir des Plantagenêts en France en leur reprenant un certain nombre de territoires, puis se consacra aux croisades contre les hérétiques albigeois (ou Cathares) : il leur reprit Avignon en 1226. C'est au retour de cette croisade que Louis VIII mourut de dysenterie à Montpensier, en Auvergne, le 8 novembre 1226, après un bref règne de trois ans.
Les nombreuses conquêtes territoriales de Louis VIII lui permirent de créer des apanages pour trois de ses fils, qui se partagèrent l'Artois, le Poitou, l'Auvergne, l'Anjou et le Maine, tandis que son aîné, Louis IX, lui succédait.
 
 
 
     
MAISON DES PLANTAGENET

 
 
     
 1216 - 1307  
     
     
HENRI III

Né en 1207 - mort en 1272

Epoux d'Eléonore de Castille

Fils aîné de Jean sans Terre, mis en possession de sa couronne grâce à une intervention pontificale et à l’appui militaire de certains barons, Henri III connaît un règne perpétuellement troublé par des révoltes et voit son autorité bafouée et discutée. C’est un roi faible de caractère et volontiers soumis aux avis de favoris, cosmopolite dans sa pensée et dans ses goûts, très attaché à la papauté ; favorable à l’intrusion d’étrangers volontiers nommés aux grands offices et aux bénéfices épiscopaux, il suscite des réactions xénophobes. Partageant avec nombre de grandes familles anglaises le rêve de reconquérir les terres autrefois tenues par sa dynastie en France, il doit accepter, en 1259, le traité de Paris qui ne lui laisse que la Guyenne, les diocèses de Limoges, de Cahors et de Périgueux. Longtemps divisés, les opposants réussissent, en 1258, à regrouper leurs forces derrière Simon de Montfort, comte de Leicester, et le « Parlement fou » impose à Henri III la renonciation à la plupart de ses droits, la soumission aux directives d’un Conseil oligarchique (Provisions d’Oxford). Pendant huit années, le souverain, tantôt prisonnier de grands vassaux, tantôt rendu à une précaire liberté, devra laisser se développer une anarchie féodale et seule l’énergie de son fils Édouard, qui obtient victoire sur victoire, en particulier à Evesham en 1265, et impose la paix de Kenilworth en 1266, sauvera la couronne. Les longues luttes civiles ont favorisé la croissance de l’institution parlementaire : le parti du roi comme celui de Simon de Montfort ont cherché à obtenir l’appui de chevaliers et de députés des bourgs en les convoquant au Parlement. Souverain lettré, ami des arts, initiateur de la construction de l’abbaye de Westminster sous sa forme définitive, contemporain d’une prodigieuse vie intellectuelle, Henri III reste pourtant le symbole de l’incapacité et de la faiblesse.

     
 1307 - 1327  
     
ÉDOUARD II
 
Né en 1284 - assassiné en 1327

Fils d'Henri III

Epoux d'Isabelle de France

Sixième souverain de la dynastie des Plantagenêts, Édouard doit son accession à la couronne à la mort prématurée de ses trois frères aînés. Son règne désastreux forme un contraste total avec celui de son père Édouard Ier. Monté sur le trône alors que se déroule une expédition contre l’Écosse, il est le responsable de l’échec complet du grand projet de réunion des deux royaumes, rendue impossible par l’écrasante défaite anglaise de Bannockburn, en 1314, devant les troupes de Robert Bruce. Fils d’un souverain énergique, il est le jouet de favoris, Piers Gaveston, dont il fait un comte de Cornouailles, au début du règne et jusqu’en 1312, Hugues le Despenser après 1322. Sa faiblesse personnelle et ses échecs ont permis aux barons de relever la tête et, en 1311, d’imposer à leur souverain une véritable tutelle, le privant de tout pouvoir réel et désignant des commissaires chargés du gouvernement effectif du royaume ; de 1316 à 1321, Thomas de Lancastre est le véritable « délégué » de la caste féodale à la tête de l’Angleterre. Époux d’Isabelle de France, fille de Philippe le Bel, Édouard l’écarte systématiquement, pendant les dernières années de son règne, de sa personne et de son gouvernement et l’encourage ainsi, avec la complicité de son amant Roger Mortimer, à fomenter une révolution de palais en 1326 : les Despenser exécutés, Édouard II sera emprisonné et, l’année suivante, déposé par un parlement. Tout permet de croire qu’il a ensuite été assassiné sur l’ordre de la reine et de Mortimer. Pour la première fois, l’ordre divin n’a pas été respecté : un roi sacré a été mis à mort ; des légistes tentent alors de justifier cet acte en se réclamant des théories thomistes sur les tyrans. Un précédent dangereux n’en est pas moins créé qu’Édouard III s’efforcera de faire oublier en coupant court aux spéculations juridico-théologiques.

 
     
 1327 - 1377  
     
ÉDOUARD III

Né en 1312 - mort en 1377

Fils d'Édouard II

1er Roi parlant anglais

Epoux de Philippa de Hainaut

Monté sur le trône après le meurtre de son père, débarrassé dès 1330, par une petite révolution de palais, de sa mère Isabelle, emprisonnée, et de Roger Mortimer, exécuté, Édouard III a vécu trop longtemps pour conserver, à l’extrême fin de son règne, l’autorité jalouse qu’il avait ambitionnée : sénile, il doit vers 1370, assister aux luttes d’influence entre le clan cupide des Lancastriens, autour de Jean de Gand, et un clan réformateur qui trouve un moment, avant 1376, le soutien du Prince Noir. Depuis le milieu du siècle, le roi a, d’autre part, été le témoin d’une immense catastrophe économique et humaine, liée à la peste noire et aux épidémies suivantes, qui a coûté à l’Angleterre le quart de sa population et entraîné par l’effet de la diminution des naissances, un déclin démographique de l’ordre d’un tiers. Ces aspects très sombres ne doivent pas dissimuler les apports essentiels du règne. L’abandon des espérances écossaises est consacré malgré des victoires initiales impressionnantes en 1332 et 1336 sur l’ennemi « héréditaire » du Nord. Cet abandon s’explique par le choix d’une vigoureuse politique continentale : après avoir accepté, par l’intermédiaire de sa mère, puis personnellement, de reconnaître la décision des barons français en 1328 et la nouvelle dynastie des Valois, Édouard III en vient à invoquer ses propres titres au trône de France (il est par sa mère, petit-fils de Philippe le Bel) et engage son pays dans ce qui va être la guerre de Cent Ans : poussé, en partie, par des préoccupations économiques dont le commerce avec la Flandre, désireux de récupérer des provinces autrefois liées à l’Angleterre, il est servi par une stratégie nouvelle et l’emploi systématique d’arbalétriers et d’archers ; les victoires de Crécy (1346) et de Poitiers (1356) semblent lui offrir les plus belles espérances ; le traité de Brétigny de 1360 lui reconnaît la possession d’un vaste ensemble en France occidentale, mais le redressement français, sous Charles V, ne lui permet guère de conserver qu’une partie de la Guyenne et Bordeaux ; il léguera ainsi plus de convoitises nostalgiques que de conquêtes réelles. Les besoins financiers du roi en ce temps de guerre expliquent enfin le développement de l’institution du Parlement, souvent réuni pour voter des aides extraordinaires et qui, à partir du milieu du siècle, peut-être dès 1339, se subdivise de façon définitive entre la chambre haute des Lords et la chambre basse des Communes, où siègent les chevaliers et les représentants des bourgs : les taxes obtenues n’épargnent d’ailleurs pas au roi des difficultés financières chroniques. Hostile à tout accroissement de l’influence du Parlement, Édouard III n’accédera, avant de mourir, à aucune des demandes de réforme du « bon Parlement » de 1376.


     
 1377 - 1399  
     
RICHARD II

Né en 1367 - mort en 1400

Fils du Prince Noir qui est le fils aîné d'Édouard III

Epoux d'Anne de Bohême puis d'Isabelle de France

Monté sur le trône à l’âge de dix ans, Richard II connaît un règne particulièrement troublé qui se termine tragiquement. Longtemps soumis à la tutelle légale, puis à la tutelle de fait de son oncle Jean de Gand, il entre dans l’histoire comme le souverain de la « révolte des paysans » de 1381 : son intervention personnelle contribue au rétablissement de l’ordre social. Proclamé majeur en 1389, il entend exercer une autorité jalouse, veut ignorer les intérêts des puissants féodaux, faire fi de certains intérêts des élites sociales représentées au Parlement. Une première tentative tyrannique marque le début de son règne personnel, puis en 1396 commence sa « seconde tyrannie ». Organisant un gouvernement central fort, il s’appuie localement sur des shérifs soigneusement sélectionnés, utilise son sceau personnel pour hâter la transmission d’édits et de lettres patentes, organise une garde personnelle d’archers, fait pression sur le Parlement quand il veut bien le réunir, n’hésite pas à faire arrêter et condamner ses principaux adversaires ; en février 1399, il dépouille de son héritage Henri Bolingbroke, héritier légitime de Jean de Gand. Les confiscations, les emprunts plus ou moins forcés, les droits de douane qui lui ont été votés à titre viager lui valent des ressources considérables dont il entend se servir davantage pour conquérir définitivement l’Irlande que pour revendiquer à nouveau son « royaume français » : cette dernière cause aurait pourtant été bien plus populaire.
Une irrésistible coalition de grandes familles aristocratiques se forme autour de Henri Bolingbroke et bénéficie du soutien quasi unanime des élites bourgeoise et cléricale. Elle permet une rébellion facilitée par l’absence, au début de 1399, du roi qui fait alors campagne en Irlande. Elle aboutit à la capture de Richard II. Son vainqueur, malgré ses proclamations antérieures, entend obtenir pour sa maison de Lancastre bien plus que la restitution de ses fiefs : ayant extorqué à Richard la convocation d’un parlement, il lui arrache une abdication « volontaire » que ce parlement ratifie le 30 septembre 1399. Cependant, il est difficile pour Henri IV de tenir longtemps emprisonné l’ancien roi légitime, et tout permet de penser que les geôliers ont volontairement laissé mourir de faim Richard II, en février 1400. La déposition et l’assassinat de Richard II ébranlent la conception traditionnelle de la légitimité dynastique et du caractère divin des rois, ouvrant ainsi la voie aux usurpations et aux révoltes des siècles suivants.

 
 
 
     
MAISON DES LANCASTRE

     
Dynastie royale anglaise qui compta trois souverains, Henri IV, Henri V et Henri VI, et gouverna de 1399 à 1461 et de 1470 à 1471. Le nom apparut pour la première fois en 1267, lorsque Henri III conféra le titre de comte de Lancastre à son deuxième fils, Edmond le Croisé. En 1351, le petit-fils d'Edmond, Henri de Lancastre, devint le premier duc de Lancastre. Il n'eut pas d'héritier, mais sa fille Blanche épousa Jean de Gand, le quatrième fils d'Édouard III ; en 1362, Jean devint duc de Lancastre, et Lancastre le patronyme d'une lignée royale. En 1385, le titre de duc d'York fut conféré au frère cadet de Jean de Gand, Edmond de Langley, dont les descendants établirent la maison d'York qui se battit contre la maison de Lancastre durant la guerre des Deux-Roses, avant de la supplanter.
     
 1399 - 1413  
     
HENRI IV

Né en 1367 - mort en 1413

Fils de Jean de Grand qui est le quatrième fils d'Édouard III

Epoux de Mathilde de Bohum, puis de Jeanne d'Angleterre

Connu plutôt sous le nom de Henri Bolingbroke, fils de Jean de Gand, Henri IV usurpe le trône en 1399 et fonde la nouvelle dynastie des Lancastre. Son action a été menée contre Richard II, coupable de l’avoir banni et d’avoir confisqué à son profit les biens de Jean de Gand à la mort de celui-ci ; elle a été soutenue par les grands barons et a bénéficié de l’absolution du Parlement, appelé à ratifier l’abdication de Richard et l’avènement du nouveau souverain. Henri IV, contraint de faire des concessions au Parlement qui est admis à contrôler de plus près les comptes royaux, a contribué à affaiblir durablement le loyalisme dynastique et à justifier les usurpations ultérieures. Soucieux d’ordre et désireux d’obtenir un soutien durable de l’Église et des riches, il s’attaque à l’hérésie des lollards, accusés de vouloir pervertir l’ordre social et de prôner des thèses religieuses condamnées : en 1401, il promulgue contre eux la loi De heretico comburendo qui prévoit la peine du feu contre ceux qui refuseraient de reconnaître leurs erreurs ; il est pourtant un souverain cultivé et le protecteur de Geoffrey Chaucer. Très actif contre l’Écosse, ardent à combattre les révoltes galloises, Henri IV paraît avoir un temps rompu avec le mirage continental et renoncé à intervenir en France ; cependant, à partir de 1407, il ne demeure pas insensible aux perspectives offertes par la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, se lie alternativement à l’un et à l’autre parti ; il obtient des premiers, en 1411, la promesse de l’Aquitaine en échange d’une intervention militaire, qu’il se révèle physiquement incapable de mener. Au cours des dernières années de sa vie, les intrigues de palais se multiplient autour du prince de Galles et de son cousin légitimé Henri Beaufort ; cependant Henri IV réussit à conserver le pouvoir jusqu’à sa mort.

     
 1413 - 1422  
     
HENRI V

Né en 1387 - mort en 1422

Fils d'Henri IV

Epoux de Catherine de Valois qui est la fille du Roi de France Charles VI

Très tôt mêlé aux affaires du royaume et sans doute l’un des responsables de la politique continentale plus vigoureuse adoptée par son père vers la fin de sa vie, Henri V demeure surtout le grand vainqueur anglais de la guerre de Cent Ans. Deux ans après être monté sur le trône, il décide de tirer parti de la querelle des Armagnacs et des Bourguignons ainsi que de l’affaiblissement du pouvoir royal en France sous le règne de Charles VI, victime d’accès de démence intermittents. Le 24 octobre 1415, il remporte la victoire d’Azincourt , qu’il doit à une brillante stratégie et à l’emploi d’armes modernes, dont les premiers canons. Le succès décisif est cependant assuré par l’alliance avec les Bourguignons au lendemain de l’assassinat de Jean sans Peur (1419) : Henri V peut alors obtenir de Charles VI et d’Isabeau de Bavière la signature du traité de Troyes (21 mai 1420) qui lui permet d’épouser Catherine de France leur fille, lui confie personnellement la régence du royaume de France et assure à sa lignée la succession au trône. En 1421-1422, les Armagnacs, favorables au dauphin Charles, sont incapables de s’opposer à l’exécution du traité. On comprend aisément la popularité du roi en Angleterre, où il satisfait les nostalgies des grands vassaux, les intérêts des négociants liés économiquement avec les Pays-Bas bourguignons, le sentiment national et antifrançais. Le Parlement lui accorde volontiers les subsides indispensables et ne semble pas lui avoir fait grief d’un autoritarisme affirmé : Henri V se targue d’être un justicier et un défenseur de la foi catholique et réprime cruellement le lollardisme après avoir écrasé en 1415, puis à nouveau en 1417, la folle rébellion de sir John Oldcastle exécuté en 1417. Ce John Oldcastle est sans doute le Falstaff de la tragédie de Shakespeare, Henri IV, dans laquelle le futur Henri V mène joyeuse vie au milieu d’une escorte de compagnons, Pistol, Poins, Randolph...
La mort prématurée du roi, survenue en France, lui vaut d’avoir laissé un souvenir éclatant et de passer pour le plus brillant des Lancastre.

 
     
 1422 - 1461  
     
HENRI VI

Né en 1421 - assassiné en 1471

Fils d'Henri V

Epoux de Marguerite d'Anjou

Premier des souverains anglais à porter le titre de « roi de France » en invoquant des droits affirmés par le traité de Troyes de 1420 et légitimés par le Parlement de Paris ; seul souverain sacré en France, mais à Notre-Dame de Paris pour riposter au sacre de Charles VII à Reims. Âgé de neuf mois seulement à la mort de son père, Henri VI a été longtemps tenu à l’écart par le régent de France, Bedford, et le régent d’Angleterre, Gloucester. Son règne est marqué par l’effondrement des mirages continentaux, consacré dès la perte de la Normandie (1450) et de la Guyenne (1453). Ses défaites extérieures, sa faiblesse de caractère, la folie périodique qui le frappe à partir de 1455, son intérêt plus vif pour l’érudition et la vie religieuse que pour les affaires temporelles contribuent à saper son autorité : le Parlement, mais aussi les grands vassaux en tirent profit. Prisonnier de clans qui cherchent à l’annexer, il abdique progressivement tout pouvoir réel et, malgré la mort de Richard d’York en 1460, perd en fait la couronne, en 1461, au profit d’Édouard IV. Défendu malgré lui par des légitimistes, nombreux dans le Nord et favorisés par l’amitié écossaise, il est capturé en 1464 et reconnaît en fait la perte de son trône. L’énergie de son épouse, Marguerite d’Anjou, et la vivacité des rivalités lui rendent le pouvoir en octobre 1470, mais Édouard IV le capturera de nouveau l’année suivante et le fera probablement assassiner. Ces querelles dynastiques, où s’opposent la rose blanche des York et la rose rouge des Lancastre (d’où le nom de guerre des Deux-Roses), achèvent de ruiner l’œuvre de restauration des premiers souverains de la dynastie lancastrienne. Henri VI, que certains contemporains ont considéré comme un saint, a été la victime d’une impopularité que n’a guère tempérée la relative prospérité du royaume.

 
 
     
MAISON D'YORK

 
 
Lignée royale anglaise qui, dans la seconde moitié du XVe siècle, disputa le trône d'Angleterre à la maison de Lancastre. Les maisons d'York et de Lancastre constituaient deux branches de la maison royale des Plantagenêt, dont la rivalité dynastique déclencha la guerre des Deux-Roses, qui tire son nom de l'emblème des York, la rose blanche, et de celui des Lancastre, la rose rouge.  
Le titre de duc d'York fut créé en 1385 en faveur d'Edmond de Langley, cinquième fils d'Édouard III. Le petit-fils d'Edmond, Richard Plantagenêt, troisième duc d'York, fit valoir ses prétentions au trône alors occupé par Henri VI, chef de la maison de Lancastre, qui descendait de Jean de Gand, quatrième fils d'Édouard III, en tant que descendant des Langley et, par sa mère, de Roger VI de Mortimer, quatrième comte de March et d'Ulster, issu du deuxième fils d'Édouard III, et dont le fils avait été reconnu comme héritier présomptif par Richard II. La revendication de Richard Plantagenêt fut accueillie favorablement par le Parlement et il fut décidé que la maison d'York hériterait du trône à la mort d'Henri, lequel accepta cet arrangement.

La femme d'Henri, Marguerite d'Anjou, voulait toutefois que son fils Édouard, prince de Galles, succèdât à son père, et en 1455 elle leva une armée pour défendre ses prétentions, ce qui déclencha la guerre des Deux-Roses. Richard Plantagenêt fut tué à la bataille de Wakefield en 1460, mais en 1461 son fils aîné fut proclamé roi d'Angleterre sous le nom d'Édouard IV ; il fut le premier roi d'Angleterre de la lignée des York.

À la mort d'Édouard IV en 1483, son fils aîné, un jeune garçon de 12 ans, devint roi sous le nom d'Édouard V. Le roi fut emprisonné avec son frère cadet à la tour de Londres par son oncle paternel, Richard Plantagenêt, duc de Gloucester, qui fut couronné sous le nom de Richard III le 26 juin 1483. Édouard V et son frère disparurent peu après le couronnement de Richard, et la tradition, contredite par les études contemporaines, tient Richard pour responsable de leur meurtre. En 1485, Richard III fut tué à la bataille de Bosworth Field, le dernier épisode de la guerre des Deux-Roses. Avec sa mort s'acheva la dynastie de York.

Le vainqueur de Bosworth Field était Henri Tudor, comte de Richmond, qui descendait par sa mère de la maison de Lancastre. Il monta sur le trône sous le nom d'Henri VII et fut le premier roi d'Angleterre de la maison des Tudor. Il renforça son droit au trône en épousant Élisabeth, la fille du roi York Édouard IV.

Dès 1485, les descendants de la sœur d'Édouard IV, Élisabeth, de son frère Georges, duc de Clarence et des imposteurs comme Perkin Warbeck, revendiquèrent le trône. Le dernier prétendant sérieux au trône issu de la maison de York fut le fils d'Élisabeth, Richard de la Pole.

     
 1461-1470 et 1471-1483  
     
 ÉDOUARD IV

Né en 1442 - mort en 1483

Fils de Richard Duc d'York, petit-fils d'Edmond qui est le cinquième fils d'Édouard III

Epoux d'Élisabeth Woodville

Fils aîné de Richard d’York, il est le premier souverain de la dynastie, grâce à ses victoires sur les Lancastre au cours de la guerre des Deux-Roses. Rival pendant dix ans du roi légitime Henri VI, il a connu un règne d’abord très troublé après sa proclamation à Londres en 1461, et n’a pu exercer paisiblement son autorité qu’après la mort d’Henri. En particulier, entre 1465 et 1471, il a été fréquemment trahi par son ancien ami et cousin le comte de Warwick, qu’il a dû combattre par les armes : la bataille décisive de Barnet, le jour de Pâques 1471, lui permet enfin de vaincre et de faire prisonniers la reine Marguerite et son époux Henri VI à Tewkesbury ; une répression très sévère lui garantit ensuite un règne paisible. Édouard IV a régné sur une Angleterre profondément appauvrie par la guerre extérieure, et l’un de ses mérites a été de mener une politique de plus en plus pacifiste, favorable au commerce : il signe avec Louis XI le traité de Picquigny (1475) et met ainsi fin officiellement à la guerre de Cent Ans, se contentant de garder sur le continent la ville de Calais. Il n’a guère innové sur le plan des institutions, a réuni plusieurs fois le Parlement, en a obtenu des subsides, le droit de lever, sa vie durant, des droits de douane et plusieurs « dons gratuits ». Relativement populaire dans les dernières années de son gouvernement, il a eu la chance d’être assisté par son frère Richard, encore très loyal envers la Couronne. Un de ses soucis essentiels a été d’ordre dynastique : deux fils et cinq filles, dont Élisabeth, future épouse de Henri VIII Tudor, paraissaient lui garantir une transmission facile de son jeune sceptre, et une vigilance constante à l’encontre des Lancastriens devait être la promesse d’une succession sans histoire. Les ambitions de son frère Richard, régent en 1483, aboutiront à l’extinction rapide de sa descendance. Les deux fils d’Édouard, déclarés illégitimes, sont enfermés dans la Tour de Londres et assassinés sur l’ordre de leur oncle qui peut ainsi se faire proclamer roi sous le nom de Richard III.


     
 Avril 1483  
     
ÉDOUARD V


Né en 1470 - assassiné en 1483

Epoux d'Anne de Neville

Fils aîné du roi Édouard IV, il fut fait prince de Galles en 1471. En raison des luttes internes à la maison d'York, Édouard et son frère Richard, duc d'York, furent séquestrés dans la Tour de Londres, peu après la mort de leur père en avril 1483. Leur oncle paternel, le duc de Gloucester, les déclara illégitimes et usurpa le trône sous le nom de Richard III, en juin 1483. Les prisonniers furent assassinés. Il n'existe pas de preuves formelles que Richard III fut responsable de leur mort. Il est possible qu'ils aient survécu à Richard III et aient été tués par son successeur Henri VII de la maison des Tudors.
 
 
 
 1483 - 1485  
   
RICHARD III


Né en 1452 - mort en 1485

Fils cadet de Richard d’York, frère d’Édouard IV, Richard, duc de Gloucester, semble avoir loyalement assisté celui-ci pendant son règne. Après la mort de son frère en mai 1483, il est proclamé régent du royaume pour le compte de son neveu, Édouard V, alors âgé de treize ans. S’étant débarrassé du parti de la reine en faisant exécuter les plus fidèles alliés de celle-ci, Richard fait emprisonner le jeune roi et son frère à la Tour de Londres , accrédite la fable d’une naissance illégitime des deux princes ; il est l’objet de sollicitations plus ou moins spontanées auxquelles il cède le 26 juin en se faisant proclamer roi ; il est sacré dix jours plus tard ; on suppose qu’il fit assassiner ses deux neveux pour prévenir toute contestation ultérieure. Ses droits lui sont disputés au nom de son usurpation
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Re: Les rois et reines d'Angleterre

Message  Romy50300 le Mer 16 Nov 2016 - 20:21

MAISON DES TUDOR

Dynastie royale qui occupa le trône d'Angleterre de 1485 à 1603. D'origine galloise, la famille Tudor entra dans l'histoire d'Angleterre avec Owen Tudor, venu à la cour du roi Henri V. En 1429, Owen épousait la veuve d'Henri V, Catherine de Valois. Leur fils aîné Edmond épousa Margaret de Beaufort, issue de Jean de Gand, fils du roi Édouard III et duc de Lancastre. Ce mariage consacrait l'alliance des Tudor et de la maison de Lancastre, laquelle était engagée contre la maison d'York dans la guerre des Deux-Roses.
Owen Tudor avait été tué par le parti de York en 1461. En 1485, lors de la bataille de Bosworth, Henri Tudor, fils d'Edmond et de Margaret, héritier par sa mère de la maison de Lancastre, tua l'impopulaire Richard III de la maison d'York. Henri accéda alors au trône d'Angleterre sous le nom d'Henri VII et fut le fondateur de la dynastie Tudor. Il réconcilia les Lancastre et les York en épousant la fille d'Édouard IV, chef du parti d'York.

La guerre des Deux-Roses ainsi éteinte, les Tudor purent rétablir l'autorité monarchique entamée par les troubles du XVe siècle. Les successeurs d'Henri VII — Henri VIII, Édouard VI, Marie Ire et Élisabeth Ire — développèrent la puissance économique et maritime de l'Angleterre. La dynastie fut également à l'origine de la rupture entre l'Église d'Angleterre et Rome. Elle favorisa en revanche le rapprochement de l'Angleterre et de l'Écosse. Marguerite Tudor, fille d'Henri VII, avait épousé le roi d'Écosse, Jacques IV, de la dynastie Stuart en 1502. À la mort de la dernière Tudor, Elizabeth Ire, qui ne laissait pas d'héritier, la Couronne d'Angleterre échut à un Stuart. En 1603, Jacques VI d'Écosse montait sur le trône d'Angleterre sous le nom de Jacques Ier.



1485 - 1509

HENRI VII

Né en 1457 - mort en 1509

Epouse en 1486 d'Élisabeth d'York

Fils d'Edmond Tudor, comte de Richmond (v. 1430-1456), et de Margaret de Beaufort, comtesse de Richmond et de Derby (descendante directe de Jean de Gand, duc de Lancastre), il naquit à Pembroke Castle, au pays de Galles. Après que le roi Édouard IV (de la maison d'York) se fut emparé du trône aux dépens d'Henri VI (de la maison de Lancastre) en 1471, Henri Tudor se réfugia en Bretagne. Il devint le chef de la maison de Lancastre à la mort d'Henri VI, cette même année. En 1483, profitant de l'indignation suscitée par la conduite du successeur d'Édouard IV, Richard III, qui avait probablement commandité l'assassinat de ses neveux Édouard V et Richard, duc d'York (1472-1483), incarcérés à la tour de Londres, Henri VII se rendit au pays de Galles où il rassembla une armée de partisans. En 1485, à la bataille de Bosworth, il battit Richard III, qui fut tué au combat. Henri Tudor fut ensuite couronné sous le nom d'Henri VII à Londres. L'année suivante, il épousa l'héritière de la maison d'York, Élisabeth (1465-1503), fille aînée d'Édouard IV, unissant les maisons d'York et de Lancastre et marquant ainsi le terme de la guerre des Deux-Roses.
Après son accession au trône, Henri dut subir plusieurs révoltes venant de partisans de la maison d'York, notamment celle d'un imposteur anglais Lambert Simnel (v. 1471-1534), qui prétendait être Édouard, comte de Warwick (1475-1499), dernier prétendant d'York au trône. Le vrai comte de Warwick avait en réalité été emprisonné à la tour de Londres par Henri VII. Une autre révolte fut dirigée par l'imposteur wallon Perkin Warbeck qui prétendait être Richard, duc d'York, le plus jeune des fils assassinés d'Édouard IV. Bien que les deux imposteurs aient obtenu des soutiens importants en Angleterre et à l'étranger, leurs troupes furent écrasées par celles d'Henri. En 1494, Henri envoya l'homme d'État anglais sir Edward Poynings (1459-1521) en Irlande pour y rétablir l'autorité anglaise. Henri arriva à maintenir des relations pacifiques avec l'Autriche, l'Espagne et la France pendant la plus grande partie de son règne. La réorganisation en 1487 de la Chambre étoilée fut une des mesures utilisées par Henri VII pour renforcer le pouvoir royal face aux nobles. Il mourut à Richmond, Surrey, le 21 avril 1509 ; son second fils, Henri VIII, lui succéda.


1509 - 1547

HENRI VIII

Né en 1491 - mort en 1547

Fils d'Henri VII

1er Roi à être appelé "Votre Majesté"

Epouse en 1509 Catherine d'Aragon (1485-1536), répudiée après 23 ans et 11 mois ; en 1533 Anne Boleyn (v. 1507-1536 ; elle avait 3 seins et 11 doigts), décapitée après 3 ans et 4 mois ; en 1536, Jane Seymour (1509-1537), morte après la naissance de son fils, le futur Édouard VI ; en 1540, Anne de Clèves (1517-1557), mariage annulé après 6 mois ; en 1540, Catherine Howard (v. 1522-1542), décapitée après 1 an et 6 mois ; en 1543, Catherine Parr (1512-1548), veuve après 3 ans et 6 mois, se remarie en 1547 à Sir Thomas Seymour

Souverain de la Renaissance, contemporain de François Ier de France et de l’empereur Charles Quint, Henri VIII est passé à la postérité comme étant le roi aux six épouses, un « Barbe bleue » auteur de nombreuses exécutions (notamment conjugales), l’ennemi juré de la France et le principal initiateur du schisme religieux qui a introduit la religion anglicane en son royaume.
Né au palais de Greenwich à Londres, Henri est le fils du roi Henri VII d’Angleterre, prince Tudor imprégné des idées de la Renaissance, et d’Élisabeth d’York. Le 21 avril 1509, à la suite de la mort de son père, il accède au trône d’Angleterre — son frère aîné, Arthur, étant lui-même décédé en 1502. Désireux d’affirmer le rôle de l’Angleterre dans le jeu européen, alors dominé par l’Espagne et la France, Henri VIII épouse la veuve d’Arthur, Catherine d’Aragon, grâce à une dispense papale obtenue en 1503.
En 1511, Henri se joint à la Ligue, alliance des couronnes d’Espagne, du Saint Empire romain germanique et de la papauté — contre le royaume de France. Après une campagne victorieuse dans le nord de la France, abandonné par ses alliés, il arrange un mariage, en 1514, entre sa sœur Marie et le roi Louis XII de France, avec lequel il contracte une alliance. Henri VIII adopte une politique plus distante à l’égard du successeur de Louis XII, François Ier, qu’il rencontre au Camp du Drap d’or, le 24 juin 1520. Malgré les incitations du monarque français, Henri VIII opte pour une politique extérieure favorable au rival de François Ier, Charles Quint, empereur germanique et neveu de Catherine d’Aragon.
Néanmoins, en 1525, Henri VIII renonce à combattre le souverain français, sensible aux revers militaires de François Ier, prisonnier de l’empereur après sa défaite à Pavie ; il se détache même des affaires européennes et n’intervient pas lorsque les lansquenets de Charles Quint entreprennent le sac de Rome en 1527. Au contraire, encouragé par le cardinal Wolsey, Henri consacre son énergie à affirmer le rang extérieur de l’Angleterre bien que le financement des guerres fasse peser un poids toujours plus lourd sur la population du royaume — qui se révolte lorsque le roi veut imposer de nouvelles taxes (1525). À cette préoccupation s’en ajoute une autre, celle de la succession royale.
Après les guerres civiles du XVe siècle (voir guerre des Deux-Roses entre les Lancastre et les York), Henri VIII est le premier monarque anglais qui n’a pas eu à défendre sa couronne contre d’autres prétendants. Mais Catherine d’Aragon ne lui a pas donné d’héritier mâle et, lorsque les fiançailles de leur fille Marie (future Marie Tudor) et de Charles Quint sont rompues, il redoute de voir les querelles de succession renaître. Il annonce son désir de divorcer en 1527, prétextant que la dispense papale pour son mariage avec Catherine est invalide. Aux raisons politiques s’ajoute la volonté du roi d’officialiser sa passion pour Anne Boleyn, une jeune et belle dame de compagnie de la reine.
Charles Quint, dont la puissance lui permet d’imposer ses vues à Rome, s’oppose avec force à la rupture de l’union. En 1528, le pape Clément VII accepte cependant de confier à Thomas Wolsey et à Lorenzo Campeggio, légat du pape, la charge de trancher le cas dans un tribunal ecclésiastique anglais. Mais, sous la pression de Charles Quint, Clément VII réexamine l’affaire à Rome. L’annulation semblant de plus en plus improbable, Henri VIII renvoie Wolsey — qu’il remplace par Thomas More — puis rompt les liens avec la papauté.
Avec l’appui du Parlement, Henri VIII s’assure d’abord du contrôle du clergé anglais, forçant celui-ci à le reconnaître comme chef de l’Église d’Angleterre (1532). En janvier de l’année suivante, il épouse secrètement Anne Boleyn, qui est couronnée reine après que l’archevêque de Canterbury, Thomas Cranmer, a déclaré nul le mariage avec Catherine d’Aragon. Un acte de succession confirme la déclaration de l’archevêque et établit les enfants d’Anne comme héritiers du trône. Henri VIII est immédiatement excommunié par l’autorité pontificale.
Le schisme religieux est consommé par l’Acte de suprématie en 1534, annulant toute juridiction papale et déclarant le roi Henri VIII détenteur de l’autorité ecclésiastique suprême en Angleterre. Le peuple anglais doit reconnaître sous serment cette suprématie d’Henri et l’acte de succession. En juillet 1535, Thomas More est exécuté pour avoir refusé de se soumettre. Les ordres monastiques sont dispersés et les catholiques pourchassés.
Henri VIII ne cherche cependant pas à imposer la doctrine protestante. L’intégrité du dogme est maintenue et confirmée en 1539. L’autorisation d’une traduction anglaise de la Bible, la publication de la litanie de Cranmer et la traduction en anglais de certaines parties de l’office liturgique traditionnel sont les seuls changements religieux effectués durant son règne.
En 1536, accusée d’inceste et d’adultère, sa deuxième épouse Anne Boleyn — qui ne lui a donné qu’une fille (la future Élisabeth Ire) — est exécutée. Henri VIII épouse alors Jeanne Seymour, qui meurt en 1537, deux jours après avoir donné au roi son unique fils légitime, Édouard (le futur Édouard VI). Un quatrième mariage est arrangé en janvier 1540 avec Anne de Clèves afin de lier l’Angleterre et les princes protestants d’Allemagne. Henri répudie cette dernière quelques mois plus tard, pour épouser Catherine Howard. Accusée à son tour d’infidélité, elle est exécutée en février 1542. L’année suivante, Henri VIII épouse sa sixième et dernière femme, Catherine Parr.
Parallèlement à cette vie conjugale mouvementée, entre 1542 et 1546 Henri VIII est impliqué dans de nouveaux conflits militaires en France et en Écosse. Marié à une princesse française, Jacques V d’Écosse ravage en effet les frontières anglaises, ce qui incite Henri VIII à reprendre les hostilités avec l’allié de l’Écosse, François Ier. En 1542, Henri vainc les Écossais à la bataille de Solway Moss puis prend la ville française de Boulogne deux ans plus tard. Toutefois, malgré les succès anglais, l’Écosse demeure indépendante. Elle est le dernier État des îles Britanniques à échapper à la domination anglaise, alors que le pays de Galles a été rattaché à la Couronne (Acte d’union de 1536) et qu’Henri VIII a reçu le titre de roi d’Irlande (1541).
À sa mort en 1547, son fils accède au trône sous le nom d’Édouard VI.


1547 - 1553

ÉDOUARD VI

Né le 12 octobre 1537 - mort le 6 juillet 1553

Seul héritier mâle de Henri VIII, fils de Jane Seymour, Édouard devient roi à l’âge de neuf ans et meurt à quinze. Malgré une précocité intellectuelle attestée par ses écrits, un intérêt passionné pour les choses de la religion (« nouveau Josias », selon Calvin), une attention croissante prêtée aux affaires publiques, il a souvent été l’instrument de son entourage ; de santé très fragile, syphilitique, mort sans doute de la tuberculose, il n’a cessé de s’affaiblir. Responsable officiel des mesures prises en son nom, il a confié le pouvoir réel à deux « tuteurs » successifs : en 1547, son oncle maternel Edward Seymour, comte de Hertford et fait duc de Somerset, est nommé protecteur (régent) du royaume et épure le Conseil de régence préparé par Henri VIII ; victime d’un premier emprisonnement d’octobre 1549 à février 1550, Somerset doit progressivement céder la place à John Dudley, comte de Warwick, qui le fait finalement exécuter en février 1552 et reçoit le titre de duc de Northumberland.
À l’extérieur, le règne d’Édouard VI est surtout marqué par un conflit permanent avec l’Écosse, que Somerset a en vain voulu pousser à une union personnelle avec l’Angleterre à la faveur d’un mariage entre Édouard et Marie Stuart ; l’Écosse trouve en France des soutiens qui relancent l’antagonisme franco-anglais.
À l’intérieur, on est parvenu en général à maintenir l’autorité royale restaurée sous le règne précédent, non sans que se manifeste la volonté d’autonomie de grands seigneurs comme les Norfolk ; la politique de Somerset, favorable aux petits paysans menacés par les enclosures, mécontente d’ailleurs fortement ce groupe et semble à l’origine du soulèvement de Robert Ket dans le Norfolk qui, à la tête de douze mille hommes, demandait précisément l’interdiction de toute nouvelle clôture. Édouard VI a surtout été le souverain d’un pays qui passe d’une réforme religieuse très limitée à la conversion aux doctrines protestantes les plus radicales. Le roi a suivi les conseils de ses deux favoris successifs, et en particulier de Warwick, dont la venue au pouvoir accélère le processus à partir de 1552 ; il a subi aussi l’influence de ses précepteurs et celle de l’archevêque Thomas Cranmer, eux-mêmes sensibles à la propagation de thèses luthériennes et calvinistes par des exilés du continent comme Martin Bucer. Après l’abrogation de la législation restrictive de Henri VIII le Parlement vote la communion sous les deux espèces pour les laïcs, la dissolution des chapelles, le mariage des prêtres et adopte l’Acte d’uniformité qui fait du Common Prayer Book (Livre de la prière commune) le code de la pratique et de la foi ; en 1553, les 42 Articles se veulent la définition fondamentale de croyances en totale contradiction avec toute la tradition catholique. L’affaiblissement physique d’Édouard VI laisse pourtant présager une réaction inverse de la part de Marie Tudor, héritière légitime du trône : le roi fait proclamer par son Conseil l’exclusion de ses sœurs Marie et Élisabeth, et reconnaît Jane Grey, petite-nièce de Henri VIII et belle-fille de Warwick, comme la future reine d’Angleterre. Construction fragile qui ne survivra pas à la disparition du jeune souverain : celle-ci sera, comme souvent à l’époque, attribuée à un empoisonnement, sans que la rumeur publique ait jamais été confirmée par un début de preuve. La brièveté du règne d’Édouard VI a transformé en simple péripétie une politique qui aurait pu constituer un grand tournant dans l’histoire du royaume.


1553 (9 jours)

JEANNE GREY

Née vers 1537 - décapitée le 12 février 1554

Petite-fille de Marie, la plus jeune soeur d'Henri VIII

Mariée à Guildford Dudley, fils du 1er Duc de Northumberland


1553 - 1558


MARIE Ière TUDOR

dite La Reine Sanglante ou Bloody Mary
Née en 1516 - morte en 1558

Fille d'Henri VIII et de Catherine d'Aragon

Epouse le 25 juillet 1554 Philippe II d'Espagne

Née à Londres le 18 février 1516, elle était la fille d'Henri VIII et de sa première épouse Catherine d'Aragon. Élevée dans la piété catholique et très attachée à sa mère, elle fut confinée par Henri VIII à une sorte d'exil. Grâce à l'influence de Jeanne Seymour, elle retrouva quelque faveur et obtint la deuxième place dans l'ordre de succession au trône après son demi-frère Édouard VI. À la mort de celui-ci, (6 juillet 1553), elle put monter sur le trône malgré l'opposition du grand chambellan John Dudley, duc de Northumberland, qui appuyait la succession de sa belle-fille, Jeanne Grey, et le parti protestant.
Marie Tudor abrogea les innovations religieuses introduites par son père. Elle s'employa à rétablir le catholicisme : l'autorité du pape fut solennellement rétablie lors d'une messe célébrée à Westminster, le 30 novembre 1554, par le cardinal Reginald Pole. Marie restitua à l'Église les biens que la Couronne avait en sa possession, mais le Parlement refusa de rendre les terres saisies par Henri VIII.
C'est surtout son mariage, en 1554, avec Philippe II, roi d'Espagne et fils de Charles Quint, qui souleva l'hostilité générale. Cette union déclencha en Angleterre une importante rébellion conduite par Thomas Wyatt, qui visait à déposer Marie Tudor et à installer sur le trône sa demi-sœur Élisabeth (la future Élisabeth Ire). Le complot de Thomas Wyatt entraîna Marie dans des mesures de plus en plus autoritaires : elle fit exécuter Jane Grey et enfermer Élisabeth à la Tour de Londres. Elle rétablit les anciennes lois contre les hérétiques, et fit périr sur le bûcher plus de 300 protestants, dont Hugh Latimer (1555) et Thomas Cranmer (1556). Cette férocité lui valut son surnom de (Bloody Mary). Pole devint à cette époque archevêque de Canterbury.
Marie Tudor entreprit, sur les ordres Philippe II, une campagne contre la France en 1557. Calais, dernier bastion des conquêtes anglaises de la guerre de Cent Ans, fut perdue en 1558, ce qui acheva de ternir son prestige. Malade depuis de nombreuses années, elle mourut à Londres le 17 novembre 1558. Elle désigna Élisabeth pour lui succéder, à condition que celle-ci maintiendrait la foi catholique.


1558 - 1603


ÉLISABETH Ière

dite la Glorianna, Notre Bonne Reine Bess

Née en 1553 - morte en 1603

Fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn

Surnommée la « Reine Vierge » pour ne s’être jamais mariée, Élisabeth Ire est la dernière représentante de la maison des Tudors à avoir occupé le trône d’Angleterre.

Née à Londres, fille du roi Henri VIII d’Angleterre et de sa deuxième épouse, Anne Boleyn, Élisabeth est déclarée illégitime après l’annulation du mariage de ses parents. En mai 1536, la jeune princesse devient orpheline de mère — Anne Boleyn ayant été exécutée pour relation adultérine ; elle est alors éloignée et élevée loin de la cour. Elle reçoit néanmoins une éducation soignée, dispensée par des humanistes réputés (notamment Roger Ascham) qui lui enseignent en particulier les langues étrangères — outre l’anglais, elle parle avec aisance le français, l’italien et l’allemand, et maîtrise le grec et le latin.
À l’instigation de Catherine Parr, sixième épouse de Henri VIII, Élisabeth revient à la cour et recouvre ses droits au trône, au troisième rang dans l’ordre de succession (après son demi-frère Édouard et sa demi-sœur Marie). Un temps soupçonnée d’avoir favorisé les ambitions de son prétendant, le nouvel époux de la veuve royale, Thomas Seymour, elle ne prend cependant aucune part aux intrigues politiques qui agitent le règne de son frère Édouard VI. En 1554, bien qu’elle apporte un soutien inconditionnel à la nouvelle reine, sa demi-sœur Marie Ire Tudor, Élisabeth est emprisonnée quelque temps à la tour de Londres pour avoir hypothétiquement soutenu la conspiration protestante de Thomas Wyatt. Cependant, héritière désignée de Marie Tudor à la condition qu’elle maintienne la foi catholique dans le royaume, Élisabeth accède au trône d’Angleterre à la mort de la souveraine, en 1558.
Afin de légitimer son titre, la reine Élisabeth se fait immédiatement reconnaître des Communes — plutôt protestantes — contre les Lords — qui, membres de l’épiscopat catholique hérité de Marie Tudor, contestent son accession au trône en vertu de l’acte d’annulation du mariage de ses parents.
Devenue « gouverneur suprême du royaume au spirituel comme au temporel », la reine règle les tensions religieuses entre protestants et catholiques par une politique de compromis : le Elizabethan Settlement ou « règlement élisabéthain ». Certes, elle rétablit — malgré les conditions de sa succession à la Couronne — la suprématie de l’Église anglicane aux dépens de la foi catholique. De même, elle renouvelle l’Acte de suprématie de 1534, dépose les évêques protestataires et impose l’usage du Book of Common Prayer (rédigé en 1549) pour toute la liturgie. Parallèlement à cette mise en place d’un puritanisme religieux, Élisabeth — qui n’a guère de sympathie pour le calvinisme — conserve l’influence du catholicisme dans la liturgie, notamment dans la pompe du service religieux. Enfin, en 1563, elle fait publier les Trente-neuf Articles définissant les dogmes de l’anglicanisme mais prend garde de ne pas ratifier immédiatement la déclaration.
En 1568, pour mettre fin à l’agitation catholique, Élisabeth fait emprisonner sa cousine catholique réfugiée en Angleterre, la reine Marie Stuart d’Écosse. La tolérance religieuse de la reine anglicane s’infléchit encore après son excommunication par le pape Pie V (1570) qui, en déliant les catholiques anglais de l’obligation d’allégeance à son égard, suscite des révoltes dans le nord de l’Angleterre. En 1586, un complot visant à placer la reine Stuart sur le trône d’Angleterre est mis au jour et engendre la condamnation et l’exécution de Marie, décapitée en février 1587.
L’engagement de la reine en faveur du protestantisme conduit cette dernière à soutenir, en 1566, les Pays-Bas en révolte contre le roi Philippe II d’Espagne ; cet acte, joint aux incursions répétées des marins anglais dans l’Empire colonial espagnol (Francis Drake, Walter Raleigh et Martin Frobisher), provoque la guerre avec l’Espagne en 1585. Le 8 août 1588, la défaite de l’Invincible Armada consacre la supériorité maritime de l’Angleterre qui a déjà accru ses échanges commerciaux et pris une part importante à l’expansion coloniale dans le Nouveau Monde.
Dans le domaine économique, le règne d’Élisabeth Ire coïncide avec une période de prospérité, qui voit l’expansion de l’industrie et du commerce, avec la création de la Bourse de Londres (1566) et la fondation de nombreuses compagnies à charte (notamment la Compagnie des Indes orientales, 1600), le développement des villes et la promotion sociale de la bourgeoisie commerçante. La loi sur les pauvres (Poor Law de 1601) crée un système d’assistance publique en faisant de l’aide aux défavorisés une compétence attribuée au niveau local.
É lisabeth Ire gouverne en monarque absolu, s’entourant de quelques conseillers seulement (William Cecil, Francis Walsingham, lord Burghley) et, méfiante à l’égard de la noblesse, réunit de plus en plus rarement le Parlement, tandis qu’elle s’emploie à contrôler les élections à la Chambre des communes. Ayant refusé de contracter une alliance — ce qui lui vaut le surnom de « Reine vierge » et pose de manière récurrente le problème de sa succession —, elle entretient de nombreuses liaisons, notamment avec les comtes de Leicester et d’Essex. La fin de son règne est assombrie par les difficultés économiques qui entament sa popularité, par la révolte en Irlande conduite par Hugh O’Neill et par la trahison de son favori, le comte d’Essex. À la mort d’Élisabeth, la couronne revient au roi Jacques VI d’Écosse, fils de Marie Stuart et cousin de la reine, qui règne en Angleterre sous le nom de Jacques Ier Stuart.




MAISON DES STUART



Famille royale qui règna sur l'Angleterre et sur l'Écosse. Elle eut pour fondateur un émigrant breton, Alan Fitzflaald, qui mourut vers 1114 et qui fut fidèle au conquérant normand, le futur roi d'Angleterre Guillaume Ier. Le petit-fils de Fitzflaald, Walter, qui mourut en 1177, reçut le titre de « grand stewart » (sénéchal) du roi d'Écosse David Ier. Du XIIe au XIVe siècle, ce titre héréditaire passa de père en fils et devint nom de famille, plus tard modifié en « Steuart » ou « Stuart ». De 1371 à 1714, quatorze Stuarts régnèrent sur l'Écosse ; les six derniers régnèrent sur l'Angleterre également.
Lorsque, à la suite de la Révolution de 1688, Jacques II d'Angleterre et d'Irlande, aussi connu sous le nom de Jacques VII d'Écosse, fut exilé en raison de ses positions catholiques romaines, il fut remplacé par sa fille Marie II, de confession protestante. Marie régna conjointement avec son époux, Guillaume III, de 1689 jusqu'à sa mort, en 1694. Guillaume régna alors seul jusqu'en 1702. Le dernier souverain de la maison des Stuarts fut la reine Anne, deuxième fille de Jacques II, qui régna de 1702 à 1714 ; en 1707, à la suite de la déclaration de l'Acte d'union stipulant que l'Angleterre et l'Écosse devenaient une seule et unique nation, Anne fut la première reine de la Grande-Bretagne. En 1701, le Parlement déclara l'acte d'Établissement, qui empêcha l'accession au trône de tout prétendant catholique romain, à savoir tous les descendants mâles de la maison des Stuarts. Ainsi, lorsque la reine Anne mourut sans héritier, la maison allemande de Hanovre hérita du trône et le roi George Ier en fut le premier souverain.



1603 - 1625

JACQUES Ier

Jacques VI d'Écosse fils de Marie Stuart, reine des Écossais, épouse de François II en 1558, Henry Stuart Lord Darnely en 1565, décapitée en 1587 de trois coups de hache ; petit-fils de Jacques IV et de Margaret, fille d'Henri VII

Epouse Anne de Danemark (1574-1619) en 1589

Fils unique de Marie Stuart et de lord Darnley, il fut proclamé roi d'Écosse lorsque sa mère dut abdiquer. Quatre régents gouvernèrent le royaume jusqu'en 1576, date à laquelle Jacques devint le souverain officiel. Mais il fallut attendre 1581 pour que ce dernier dirige réellement l'Écosse.
Le pays était déchiré par le conflit qui opposait les protestants et les catholiques, mais également entre les partisans d'une alliance avec la France et ceux favorables au rapprochement avec l'Angleterre. En 1586, Jacques choisit de s'allier à Élisabeth Ire d'Angleterre et réprima autant les protestants que les catholiques.
Attaché à un renforcement du pouvoir royal, émanation divine, il s'appliqua à réduire le pouvoir féodal de la noblesse. Il mit en place, dans ce but, un gouvernement central fort et se servit de l'Église.
En 1603, la reine Élisabeth mourut sans enfant et Jacques lui succéda sous le nom de Jacques Ier. Il réunit ainsi entre ses mains le trône d'Angleterre et le trône d'Écosse. Il s'aliéna cependant rapidement le Parlement, qui s'opposa à ses conceptions absolutistes, puis provoqua la colère des catholiques par son excessive sévérité à leur égard et son obstination à leur imposer une seule religion : l'anglicanisme. Ces derniers fomentèrent, en 1605, un complot, la conspiration des Poudres, qui échoua.
Jacques Ier mourut le 27 mars 1625 ; son fils Charles Ier lui succéda.


1625 - 1649

CHARLES Ier

Né en 1600 - décapité le 30 janvier 1649

Fils de Jacques Ier

Epouse en 1625 Henriette-Marie de France (21 novembre 1609-10 septembre 1669), fille d'Henri IV et de Marie de Médicis

Roi d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, second fils de Jacques VI Stuart, roi d’Écosse, qui deviendra roi d’Angleterre en 1603 sous le nom de Jacques Ier, Charles Ier monte sur le trône en 1625. Jeune, séduisant et indécis, il est un jouet entre les mains de son entourage. L’impopulaire duc de Buckingham le pousse à attaquer l’Espagne. Pour se garantir du côté de la France, Charles Ier demande la main d’Henriette-Marie, la plus jeune fille de Henri IV. Le couple royal, tendrement uni, mènera une vie exemplaire contrastant vivement avec l’existence dissolue de Jacques Ier. Mais Buckingham accumule les maladresses. Vaincu par les Espagnols à Cadix (1626), il s’aliène les Français en soutenant les protestants de La Rochelle, ce qui lui vaut d’être battu à l’île de Ré (1627). Les princes protestants d’Europe se trouvent bientôt en mauvaise posture. Malgré ses prétentions absolutistes, Charles Ier doit convoquer le Parlement en 1628 afin d’obtenir des subsides. Il est mis en demeure d’accepter la pétition du Droit qui limite les prérogatives royales. Nouvelle rebuffade : le renouvellement des droits de douane (tunnage and poundage), traditionnellement accordés à vie au monarque, est refusé par les parlementaires. Au mois d’août enfin, Buckingham meurt sous le poignard du lieutenant Felton. À la session de 1629, le conflit se déplace sur le terrain religieux. Charles Ier soutenait la réaction épiscopalienne et arminienne de William Laud, évêque de Londres puis archevêque de Canterbury. Le Parlement vote trois résolutions condamnant le papisme, l’arminianisme, et la perception d’impôts non votés par le Parlement. Charles Ier fait jeter les meneurs en prison, renvoie le Parlement, et décide de gouverner sans son appui. Pendant onze ans, il se conduit en monarque absolu. On a naturellement parlé de « tyrannie » et stigmatisé à l’envi la fameuse Chambre étoilée. Pour être équitable, constatons que l’absolutisme de Charles Ier était moins dirigé contre le peuple que contre l’individualisme effréné des classes enrichies (limitation des enclosures, défense de la théorie médiévale contre le prêt à intérêt) et contre le fanatisme des puritains (laxisme de la censure ecclésiastique et tiède répression de la sorcellerie). C’est d’Écosse que jaillit l’étincelle. Laud y voulait introduire le rituel anglican. Les farouches presbytériens se soulèvent en masse. Devant ce danger, Strafford, homme de confiance du roi, conseille la manière forte. Il part lever une armée dans cette Irlande où, en tant que vice-roi, il a joué les colons anglicans contre les presbytériens d’Ulster et les indigènes catholiques. Néanmoins, Charles Ier doit à nouveau réunir le Parlement en 1640. L’opposition véhémente qu’il y rencontre l’incite à dissoudre ce Court Parlement dix-huit jours après l’ouverture de la session. L’avance victorieuse des Écossais pousse cependant les lords et le peuple à exiger la convocation d’un nouveau Parlement. Charles Ier s’incline. Convoqué au mois de novembre 1640, le Long Parlement durera treize ans. Il est déjà révolutionnaire, même s’il ne met pas encore la personne du roi en cause. Abandonné par l’ingrat Charles Ier, Strafford est cité à comparaître devant le Parlement, condamné à mort et exécuté (1641). Laud est décapité peu après. Voyant l’Angleterre en proie à ces luttes intestines, les Irlandais se soulèvent et massacrent les colons. Charles Ier demande des crédits pour organiser une expédition punitive. Méfiant, le chef de l’opposition parlementaire, John Pym, fait voter la « grande remontrance » qui énumère les griefs contre la couronne. Présumant de la faiblesse de l’opposition, Charles Ier exige l’impeachment pour haute trahison de Pym et de quatre autres chefs parlementaires. Il va même jusqu’à se rendre en personne aux Communes, afin de se saisir des cinq
parlementaires qui ont pris la précaution de se mettre à l’abri. Le roi quitte alors Londres au bord de l’émeute. La guerre civile est commencée. Cavaliers royalistes et Têtes rondes puritaines s’empoignent aux quatre coins du pays. Mais la victoire boude les deux camps. Le Parlement signe alors avec les Écossais un traité d’alliance qui lui permet de prendre rapidement l’avantage. Le 2 juillet 1644, à Marston Moor, les royalistes sont vaincus. Parmi les troupes victorieuses, on remarque particulièrement les Côtes de fer d’Olivier Cromwell. L’armée parlementaire est réorganisée selon ses instructions. Lui-même, nommé adjoint du commandant en chef, prend une part essentielle à la déroute royaliste de Naseby (14 juin 1645). Charles Ier ne voit d’autre solution que de se rendre, peu après, à la merci des Écossais. Ceux-ci s’empressent de le livrer au Parlement qui lui présente aussitôt les Dix-Neuf Propositions stipulant notamment l’adoption du Covenant presbytérien, l’abolition de l’épiscopat, le droit pour le Parlement de contrôler l’armée, la marine, et la nomination aux grandes charges de l’État, enfin, la proscription des chefs royalistes. Le souverain biaise et négocie en sous-main avec toutes les factions. Sur ces entrefaites, une crise éclate entre l’armée et le Parlement. Cromwell occupe Londres avec vingt mille soldats décidés à faire reconnaître leurs droits. Indécis malgré tout, Cromwell fait des ouvertures au roi qui le lanterne comme il l’a fait avec le Parlement, avant de se réfugier dans l’île de Wight (1647) d’où il appelle les Écossais à son secours. Le péril rétablit la concorde entre l’armée et le Parlement. Cromwell met en pièces les Écossais à Preston en août 1648. En décembre, l’armée se retourne contre le Parlement. Le colonel Pride et ses mousquetaires ne laissent à Westminster qu’une cinquantaine de députés sûrs. Enlevé dans l’île de Wight, Charles Ier est ramené à Londres, déféré devant ce « Parlement croupion », mis en procès et condamné à mort malgré de vives résistances de la part de nombreux chefs puritains. Le 30 janvier 1649, le roi Charles Ier montait à l’échafaud avec un courage exemplaire, sans avoir rien renié des convictions absolutistes qui périssaient avec lui.



COMMONWEALTH



Commonwealth et protectorat anglais, gouvernement républicain établi en Angleterre au XVIIe siècle, après l'exécution de Charles Ier le 30 janvier 1649, à la fin de la première Révolution d'Angleterre et jusqu'à la restauration de la monarchie en 1660. La mort du roi avait bouleversé la nation et avait rendu d'autant plus difficile la création d'un gouvernement stable.
Il fut tout d'abord nécessaire d'étouffer la rébellion qui durait en Irlande depuis 1641. Oliver Cromwell et son armée s'en chargèrent, tuant garnison et population à Drogheda et à Wexford en 1649. Entre-temps, les Écossais avaient condamné l'exécution du roi et nommé son fils Charles II pour lui succéder. Cromwell soumit les royalistes écossais lors des batailles de Dunbar (1650) et de Worcester (1651). L'Écosse fut finalement contrainte d'intégrer le Commonwealth.

Il était alors urgent d'établir un gouvernement permanent et stable dont le pouvoir serait confié à Cromwell et à son armée. En avril 1653, Cromwell renvoya le Parlement Croupion, espérant résoudre les problèmes politiques et religieux avec le Parlement Barebone. Ce dernier ne dura toutefois que de juillet à décembre 1653. Cromwell accepta l'Instrument of Government, une constitution écrite qui le nommait protecteur à la tête d'un Parlement à une Chambre et qui instaura une dictature militaire, qui prit le nom de Protectorat. Au cours des années qui suivirent, la cohésion du régime fut maintenue par la volonté de Cromwell et par la force de la « nouvelle armée modèle ». La situation se détériora rapidement après la mort de Cromwell, le 3 septembre 1658. Son fils Richard lui succéda mais démissionna dès mai 1659. L'anarchie qui menaçait fut stoppée par le général George Monk, commandant de l'armée d'Écosse. Il fit marcher ses troupes sur Londres au début de 1660, prit le pouvoir en tant que capitaine général et rappela le Long Parlement. Après la déclaration de Breda, au cours de laquelle Charles II reconnut les revendications du Parlement, celui-ci vota son retour sur le trône d'Angleterre en mai de la même année.



DICTATURE


1653 - 1658

OLIVIER CROMWELL

Né en 1599-mort en 1658

Lord Protector

Puritain intolérant doué d’un réel talent politique, redouté et impopulaire, Oliver Cromwell a joué un rôle prédominant dans la guerre civile d’Angleterre (ou Puritan Revolution) qui l’a amené à la tête de la République anglaise.
Né à Huntingdon le 25 avril 1599 dans une famille d’origine galloise, Oliver Cromwell est lointainement apparenté à l’ancien ministre de Henri VIII, Thomas Cromwell (v. 1485-1540). Éduqué par le puritain Thomas Beard, il étudie le droit au Sidney Sussex College de Cambridge — période durant laquelle il épouse Élisabeth Bourchier en 1620 — puis retourne à Huntingdon gérer la fortune paternelle. Membre du Parlement de 1628 à 1629, il s’illustre par la véhémence de ses propos envers la tolérance religieuse dont font preuve, à l’égard des catholiques, le roi Charles Ier et l’Église anglicane.
Membre du Parlement en 1640 (du Court Parlement puis du Long Parlement), Oliver Cromwell voit dans la guerre civile qui éclate en janvier 1642 le signe providentiel de la lutte contre l’épiscopalisme et la royauté détachés des affaires puritaines. Aussi, dès 1643 lève-t-il à ses frais un régiment de cavalerie, baptisé les « Côtes de fer » (Ironside), animé d’un redoutable fanatisme religieux. Promu lieutenant-général en 1644, ce nouveau chef des Indépendants conduit la même année les forces parlementaires à la victoire lors des batailles de Marston Moor (2 juillet) et de Newbury (octobre). En 1645, chargé de réorganiser toute l’armée sur le modèle de ses propres troupes, Cromwell est nommé commandant en second de cette « nouvelle armée modèle » et décime les forces royalistes à la bataille de Naseby (14 juin). En septembre, les partisans du roi sont définitivement vaincus. La première phase de la guerre civile — également appelée la « première guerre civile » — s’achève en avril 1646 lorsque les Écossais livrent Charles Ier au Parlement.
De 1646 à 1649, des idéologies plus démocratiques se développent, telle celle que prône John Lilburne, chef des « Niveleurs », qui tente de rallier à sa cause les principaux généraux (dont Oliver Cromwell) afin d’instaurer un régime égalitaire. Alors que les débats politique et religieux se poursuivent au sein du Parlement, le roi s’évade et se réfugie dans l’île Wight, d’où il conclut un engagement avec les Écossais contre la promesse de faire du presbytérianisme la religion officielle des deux royaumes. Cet accord déclenche la « seconde guerre civile » en juillet 1648. Une armée écossaise envahit alors l’Angleterre mais est battue à Preston, en août 1648 ; le roi est ramené à Londres. Cromwell, pour sa part, approuve la purge du Parlement de ses éléments les plus modérés en décembre 1648 : il ne reste plus dans ce Parlement croupion que quelques membres favorables à la désignation d’une commission chargée de juger le roi pour trahison.
Le 30 janvier 1649, jour même de l’exécution du roi — que Cromwell approuve ouvertement —, la République (Commonwealth) est instaurée. Cherchant à œuvrer pour le « bien commun », la République est conjointement dirigée par un Conseil d’État — dont fait partie Oliver Cromwell — et le Parlement. Régicide, Cromwell ne cherche cependant pas à s’emparer du pouvoir pour lui-même mais, selon ses propres réflexions, pour mener son peuple vers la liberté. La première entreprise du puritain est de soumettre l’Irlande papiste et l’Écosse covenantaire qui a proclamé roi le fils de Charles Ier sous le nom de Charles II. La victoire sur les Irlandais est acquise au terme des massacres de Drogheda et de Wexford (automne 1649), tandis que les Écossais sont écrasés à Dunbar (septembre 1650) puis à Worcester (septembre 1651). Ces batailles apportent une fois encore la preuve du génie militaire de Cromwell ou, plutôt, comme il aime à le dire, de « l’illustre miséricorde » de Dieu.
Parallèlement, alors qu’il espérait contracter alliance avec les États européens de confession protestante, Oliver Cromwell se retrouve en conflit ouvert avec les Provinces-Unies (1652-1654) pour avoir fait voter l’acte de Navigation (9 octobre 1651) défavorable au commerce hollandais.
Le 16 décembre 1653, après avoir renvoyé le Parlement croupion (avril) pour le Parlement Barebone (juillet), Cromwell accepte l’Instrument of Government — première Constitution écrite de l’Angleterre — qui lui confère un pouvoir dictatorial avec le titre de Lord-Protecteur. Il crée alors un Parlement unique — l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande ayant désormais fusionnées dans le Commonwealth —, Parlement qu’il dissout en 1655. Grâce au soutien de la « nouvelle armée modèle », il impose paix et stabilité dans le pays et y apporte même une relative tolérance religieuse.
Sa politique extérieure est vigoureuse, à l’image de celle menée sous le règne élisabéthain. Fort d’une flotte puissante, le Lord-Protecteur s’empare de la Jamaïque (1655), pille la ville espagnole de Cadix (septembre 1656), prend Dunkerque à l’Espagne (1658) et regagne la ville de Calais, perdue un siècle plus tôt. En mai 1657, Cromwell — qui refuse le titre royal — accepte l’Humble Petition and Advice (« Humble Pétition et Avis ») qui lui octroie le droit de gérer sa succession politique.
Le 3 septembre 1658, l’impopulaire Cromwell meurt et est enterré à l’abbaye de Westminster. Son fils Richard, qu’il a désigné à sa succession, doit abandonner le pouvoir dès mai 1659. En 1660, à la restauration de la royauté et l’arrivée du Stuart Charles II sur le trône d’Angleterre, le corps d’Oliver Cromwell est exhumé pour être pendu comme celui d’un traître.


1658 - 1660

RICHARD CROMWELL

Né en 1626 - mort en 1712

Son fils




RESTAURATION


1660 - 1685


CHARLES II


Né en 1630 - mort le 6 février 1685

Fils de Charles Ier époux de Catherine de Bragance

Fils aîné du roi décapité, privé du trône d’Angleterre en 1649, chassé en 1651 de l’Écosse qui l’avait reconnu roi en janvier de la même année, Charles doit mener une longue vie d’exilé, plus ou moins bienvenu dans les pays de l’Europe occidentale, en particulier en Hollande ; il doit au choix de Monk, en 1660, de retrouver ses droits légitimes, au prix de la déclaration de Breda qui garantit la liberté religieuse, reconnaît les prérogatives du Parlement et promet une amnistie générale. Sceptique et prudent, avide de plaisirs, profondément tolérant, trop peu sûr de son trône pour oser afficher sa conversion in pectore au catholicisme, il cherche à développer l’autorité royale, mais refuse de soutenir les doctrines politiques de Hobbes, son ancien précepteur. L’intransigeance d’un Parlement ultra-royaliste et intégriste dans le domaine religieux limite le champ de l’amnistie et entraîne la condamnation à mort des régicides ; elle empêche toute tolérance au profit même des non-conformistes protestants et, en 1673, l’adoption du bill du Test, douze ans après le vote de la loi sur les municipalités, achève d’écarter des fonctions publiques ceux qui ne communieraient pas au sein de l’Église établie ; Charles II a quelque peine à prévenir l’adoption, après 1679, du bill d’Exclusion qui aurait privé son frère, Jacques d’York, catholique, de la possibilité de lui succéder. Le souvenir de la sanglante révolution et de l’anarchie des années 1658-1660 assure à Charles II des relations paisibles avec le Parlement, au moins pendant la première décennie de son règne, et la libre disposition d’importantes ressources fiscales indirectes prévient le retour des grands antagonismes financiers d’antan ; le roi peut aussi compter sur des subsides de Louis XIV, mais ils sont moins importants que nombre d’historiens ont paru le croire ; cette aisance financière explique que le souverain, lassé des controverses parlementaires et de l’opposition whig, ait pu se passer de Parlement pendant les trois dernières années de son règne.
La politique extérieure de Charles II fut un sujet de graves controverses : son pacifisme parut souvent excessif, ses relations avec Louis XIV trop étroites, on lui reprocha le traité de Douvres de 1670 et la vente de Dunkerque à la France, de même que la guerre contre la Hollande en 1672-1674 ; dans sa politique française, l’attitude du roi ne dépassa jamais une neutralité teintée d’agressivité. Charles a tiré profit de la prospérité économique, du développement du commerce colonial et de transit, en partie favorisé par la confirmation de l’Acte de navigation, de la satisfaction des propriétaires agricoles ; la rapide reconstruction de Londres après le Grand Incendie de 1666 témoigne des énormes possibilités financières de ses sujets. Ce règne a été marqué par une activité intellectuelle intense, favorisée par exemple par la création de l’observatoire de Greenwich et de la Société royale ; la Restauration a été aussi l’époque du renouveau théâtral et d’une vie de plaisirs mondains. L’image laissée par Charles est celle d’un souverain intelligent, capable de surmonter habilement les obstacles, et qui a su rétablir un indéniable loyalisme monarchique.



1685 - 1688


JACQUES II


Né en 1633 - mort en 1701

Jacques VII d'Écosse épouse Anne Hyde puis Marie de Modène

Né à Londres, second fils du roi Charles Ier et de son épouse Henriette-Marie, il reçut le titre de duc d'York et d'Albany en 1634. Après l'exécution de son père, il fut éloigné d'Angleterre, et en 1657 entra au service de l'Espagne dans la guerre contre l'Angleterre. Lors de la restauration de la monarchie en 1660, son frère Charles II accéda au trône et Jacques II fut nommé grand amiral d'Angleterre. La même année, il épousa Anne Hyde, fille d'Edward Hyde, comte de Clarendon. En 1672, un an après la mort de son épouse, Jacques II annonça publiquement sa conversion au catholicisme. L'année suivante, le Parlement anglais vota les Test Acts interdisant aux catholiques de détenir tout poste officiel et Jacques II dut démissionner de son poste de grand amiral. Peu de temps après, il épousa Marie-Béatrice de Modène qui était catholique. En 1679, la Chambre des communes tenta vainement de dénier à Jacques II le droit d'accéder au trône.
À la mort de Charles II en 1685, Jacques II devint roi. La même année, il écrasa en Angleterre une révolte conduite par son neveu James Scott, duc de Monmouth, et en Écosse l'insurrection dirigée par Archibald Campbell, 9e comte d'Argyll. La repression sevère qu'il mena, marquée notamment par une série de procès qui furent surnommés les « Assises sanglantes », lui aliéna le soutien de bon nombre de ses partisans. En 1687, Jacques II tenta en vain de se concilier les catholiques en mettant fin aux mesures répressives dont ils faisaient l'objet, mais il ne fit qu'aggraver les dissensions religieuses. La naissance de son fils Jacques Édouard Stuart, le 10 juin 1688, matérialisant le risque de voir se créer en Angleterre une dynastie catholique, détermina les chefs de l'opposition à demander au gendre de Jacques II, Guillaume d'Orange, futur Guillaume III, de prendre le pouvoir, déclenchant ainsi la seconde révolution d'Angleterre. Guillaume débarqua en Angleterre en novembre 1688 et marcha sur Londres. Il fut accueilli en libérateur et Jacques II, abandonné par ses troupes, s'enfuit en France où il reçut l'aide de Louis XIV. En 1690, avec l'appui des troupes françaises, Jacques II débarqua en Irlande pour tenter de recouvrer son trône. Battu à la bataille de la Boyne il regagna la France, et demeura à Saint-Germain-en-Laye jusqu'à sa mort.




INTERRÈGNE



11 septembre 1688 au 13 février 1689
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Re: Les rois et reines d'Angleterre

Message  Romy50300 le Mer 16 Nov 2016 - 20:24

MAISON D'ORANGE


Famille de la principauté française d'Orange dont furent originaires, par mariage avec la maison de Nassau, les personnages clés de l'histoire des Pays-Bas.
Charlemagne accorda le titre de comte de Toulouse à Guillaume d'Orange qui dominait alors la région, vassale du Saint Empire romain germanique. Ses descendants prirent le titre de prince au XIIIe siècle. Deux siècles plus tard, l'empereur germanique Charles Quint leur octroya des terres aux Pays-Bas, tandis qu'ils s'alliaient par mariage à la maison de Nassau, alors à la tête d'un duché allemand situé au nord du Main. En 1544, René de Nassau, prince d'Orange, laissa toutes ses possessions à son cousin le futur Guillaume Ier le Taciturne, fondateur des Provinces-Unies de Hollande dont il fut le stathouder (gouverneur) en 1576. Lorsque Guillaume Ier fut assassiné en 1584, deux de ses fils lui succédèrent : Maurice de Nassau (1567-1625), puis le demi-frère de celui-ci, Frédéric-Henri (1584-1647). C'est le fils de Frédéric-Henri, Guillaume II, qui unit la maison d'Orange à l'Angleterre, en épousant la fille du roi Charles Ier. La ligne directe s'éteignit à la mort de leur fils Guillaume III d'Angleterre (1702), mais les possessions furent transmises à une autre branche de la famille. Guillaume VI d'Orange dut céder à Napoléon Ier les territoires allemands d'Orange, mais reçut en compensation le grand-duché de Luxembourg et fut nommé roi des Pays-Bas sous le nom de Guillaume Ier. Lorsque Guillaume III, roi des Pays-Bas et grand-Duc de Luxembourg, mourut en 1890 sans héritier mâle, la couronne passa à sa fille Wilhelmine, ancêtre de la reine actuelle, Béatrix, tandis que le grand-duché de Luxembourg retournait aux descendants de la maison de Nassau.



1689

GUILLAUME III


Né en 1650 - mort en 1702

Fils de Guillaume II Prince d'Orange et petit-fils de Charles Ier

Roi d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande (1689-1702), et stathouder de Hollande (1672-1702), qui contribua à former la Grande Alliance et dirigea l'Angleterre à l'issue de la seconde révolution.

Né à La Haye en Hollande, Guillaume d'Orange-Nassau était le fils posthume de Guillaume II, prince d'Orange et stathouder de Hollande, et de Marie, fille aînée du roi Charles Ier. En 1672, après l'invasion des Pays-Bas par Louis XIV, un soulèvement populaire renversa Jan De Witt, grand pensionnaire de Hollande, au profit de Guillaume d'Orange, qui fut élu stathouder, capitaine-général et amiral. Il lutta contre les Français avec détermination, et détruisit en 1673 des digues près d'Amsterdam pour noyer la campagne environnante et entraver ainsi la progression des armées françaises. Les Hollandais subirent cependant des revers cinglants lors des batailles suivantes, mais, grâce à la diplomatie habile de Guillaume III, dont les liens avec l'Angleterre s'étaient renforcés par son mariage (1677) avec la princesse Marie (fille aînée de son oncle Jacques, duc d'York, futur roi sous le nom de Jacques II), Louis XIV dut accepter de mettre fin à la guerre.
L'ascension du parti catholique qui suivit l'accession au pouvoir de Jacques II en Angleterre détermina les principaux adversaires du roi à faire appel à Guillaume III, qui apparaissait comme le champion du protestantisme en Europe. À la tête d'une armée d'environ quinze mille hommes, Guillaume III débarqua à Torbay le 5 novembre 1688. La plupart des nobles anglais prirent le parti de Guillaume, et Jacques II dut s'enfuir en France. Guillaume accepta la Déclaration des droits votée par le « Parlement Convention » qui s'était réuni le 22 janvier 1689, et le 13 février, Guillaume et Marie furent proclamés roi et reine d'Angleterre.
Peu de temps après la conclusion de la seconde révolution d'Angleterre, le Parlement écossais reconnut les nouveaux souverains. Cependant, l'Irlande, majoritairement catholique, manifesta sa fidélité à Jacques II et dut être conquise par la force. En 1690, Guillaume prit la tête de l'armée qui battit Jacques II et ses partisans à la bataille de la Boyne, mais l'agitation jacobite persista durant tout le règne de Guillaume III, qui régna seul après la mort de la reine Marie, en 1694.
En 1689, pour contenir les ambitions territoriales de la France, Guillaume III était entré avec l'Angleterre dans la ligue d'Augsbourg, appelée la Grande Alliance. Très impliqué dans la politique étrangère, il s'engagea dans la guerre de Succession du Palatinat, au terme de laquelle, par la paix de Ryswick (1697), Louis XIV le reconnut comme roi d'Angleterre.
En matière intérieure, Guillaume III s'opposa fréquemment au Parlement, qui fut à l'origine des réformes réalisées sous son règne, notamment la loi sur les droits et les libertés, l'institution de la Banque d'Angleterre et l'introduction du principe de la responsabilité ministérielle.
Guillaume III mourut alors qu'il s'apprêtait à prendre part à la guerre de Succession d'Espagne. La sœur de sa femme, la reine Anne Stuart, lui succéda sur le trône.




MAISON DES STUART



1689 - 1702


MARIE II

Née en 1662 - morte en 1694

Fille aîné de Jacques II et d'Anne Hyde

Epouse de Guillaume III

Reine d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande (1689-1694).

Née à Londres, elle est la fille de Jacques, duc d'York, qui devient roi d'Angleterre sous le nom de Jacques II en 1685 et de sa première épouse Anne Hyde. Bien que son père se soit converti au catholicisme, Marie est élevée dans la religion protestante et épouse à l'âge de quinze ans le prince protestant Guillaume d'Orange-Nassau. En 1688, les opposants anglais de Jacques II, en désaccord avec sa domination autocratique et son favoritisme vis-à-vis des catholiques, lancent la seconde révolution d'Angleterre, exilant Jacques II et portant au pouvoir Marie et Guillaume. Marie II et Guillaume III sont couronnés en avril 1689. Marie assure la régence alors que Guillaume III mène campagne en Irlande (1690-1691) et contre la France (1692-1694). Guillaume III règne seul après le décès de Marie. Le couple n'ayant pas eu de descendance, c'est la sœur de Marie, la reine Anne, qui succède à Guillaume III.


1702 - 1714


ANNE


Née en 1665 - morte en 1714

Deuxième fille de Jacques II

Epouse Georges, Prince de Danemark

Reine d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande (1702-1714), dernière souveraine de la maison des Stuart.

Née à Londres, elle était la deuxième fille du roi Jacques II et de sa première femme, Anne Hyde. En 1683, elle épousa le prince Georges de Danemark. Malgré la conversion au catholicisme de son père en 1672, Anne n'abandonna pas le protestantisme et approuva le renversement de Jacques par la Révolution anticatholique de 1688, qui permit à sa sœur Marie et à l'époux de cette dernière, Guillaume d'Orange, d'accéder au pouvoir. À la mort de Guillaume III en 1702, Anne Stuart monta sur le trône. Elle favorisa la carrière de John Churchill, tombé en disgrâce auprès de son prédécesseur, lui conféra le titre de duc de Marlborough et le chargea du commandement de l'armée. Marlborough remporta une suite de victoires sur la France pendant la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), et exerça, ainsi que sa femme Sarah, une grande influence sur la reine pendant les premières années de son règne.
Fidèle à l'Église anglicane, Anne eut tendance à favoriser les tories, faction soutenant l'Église, au détriment des whigs. Toutefois, influencée notamment par les Marlborough, elle écarta dans un premier temps les tories du pouvoir. Le règne d'Anne Stuart fut marqué par l'unification des royaumes d'Angleterre et d'Écosse (1707). Elle mourut à Londres le 1er août 1714, sans laisser d'héritier, et eut pour successeur son cousin allemand, George, Électeur de Hanovre, qui accéda au trône sous le nom de George Ier.




MAISON DE HANOVRE




Maison royale britannique qui régna sur la Grande-Bretagne puis sur le Royaume-Uni de l'avènement de George Ier, en 1714, jusqu'à la mort de la reine Victoria, en 1901.
L'acte d'établissement de 1701 interdisant le trône d'Angleterre à un non-protestant, la couronne devait revenir, à la mort de la reine Anne Stuart, à l'électrice Sophie de Hanovre, petite-fille de Jacques Ier Stuart par sa mère, Élizabeth. Sophie mourut deux mois avant la reine Anne, et la couronne échut à son fils, George Ier, en 1714. Âgé de cinquante-quatre ans, celui-ci se consacrait plus au Hanovre qu'à l'Angleterre et ne parlait pas anglais. Son fils unique George II, né lui aussi près de Hanovre, lui succéda en 1727. À l'instar de son père, il fut considéré comme un étranger par bon nombre de ses sujets. Plus soldat qu'homme politique, il conclut un traité avec la France durant la guerre de Succession d'Autriche sans consulter ses ministres. Durant ces deux règnes, les Écossais se révoltèrent, soutenant les droits des Stuartcatholiques. George III, né en Angleterre, monta sur le trône en 1760. Petit-fils de George II, il sut, malgré la maladie, gagner le respect de son peuple. Son fils, qui fit office de régent durant une grande partie de son règne, lui succéda sous le nom de George IV en 1820. En 1830, son frère Guillaume IV hérita du trône, et, en 1837, sa nièce Victoria, fille du duc de Kent, lui succéda. Jusqu'à l'avènement de Victoria, l'État de Hanovre était resté lié à la couronne d'Angleterre, mais, devant demeurer dans la lignée mâle en vertu de la loi salique, il échappa à la reine. En 1840, celle-ci épousa le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. À sa mort, en 1901, la maison de Saxe-Cobourg-Gotha, rebaptisée maison de Windsor en 1917, succéda à la maison de Hanovre.


1714 -1727

GEORGE Ier

Né en 1660 - mort en 1727

Epouse en 1682 sa cousine Sophie Dorothée Princesse de Zelle, mariage dissous en 1694 car Sophie est soupçonnée d'adultère

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (1714-1727) et électeur de Hanovre (1698-1727), le premier souverain anglais de la dynastie des Hanovre.

Né à Osnabrück (Hanovre), George Ier était le fils d'Ernest-Auguste, électeur de Hanovre et de Sophie, petite-fille du roi Jacques Ier d'Angleterre. George succéda à la reine Anne, en vertu de l'acte d'Établissement. Très attaché à ses origines allemandes, il refusa toujours d'apprendre l'anglais. Il continua à faire des séjours longs et réguliers à Hanovre, qui resta son principal sujet de préoccupation, malgré ses efforts pour respecter ses devoirs envers son nouveau royaume. Cependant, il ne fut jamais très populaire en Angleterre, et l'antipathie qui se développa à son encontre favorisa sans doute le complot jacobite qui tenta de le renverser en faveur du fils de Jacques II, Jacques Édouard Stuart, surnommé le Prétendant. George ne s'était entouré que de représentants du parti whig, car les tories étaient favorables aux Stuart. Il s'intéressait de très près à la politique étrangère, et c'est grâce à lui que fut signée, en 1717, la troisième Triple-Alliance avec les Pays-Bas et la France. Pour les questions de politique intérieure, il se reposait entièrement sur ses ministres, Stanhope Townshend, et Robert Walpole. Les talents d'administrateur de ces hommes contribuèrent à asseoir la position de la maison de Hanovre en Grande-Bretagne. Georges Ier fut remplacé sur le trône par son fils, George II.


1727 - 1760


GEORGE II


Né en 1683 - mort en 1760

Epouse en 1705 Caroline d'Anspach (1683-1737)

Dernier roi à conduire ses troupes à la bataille

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande et électeur de Hanovre (1727-1760), fils du roi George Ier, il se montra plus attaché à Hanovre qu'au royaume britannique.

Il naquit à Herrenhausen, près de Hanovre, et fut élevé en prince allemand. En 1705, il épousa Caroline d'Ansbach, dont l'influence sur les affaires de l'État fut déterminante ; elle contribua notamment au maintien de Robert Walpole comme Premier ministre. Pendant la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), il fit passer les intérêts de la Grande-Bretagne après ceux de sa principauté allemande. Cette politique mécontenta l'opinion mais le roi remporta l'admiration de tous pour le courage dont il fit preuve lors de la bataille de Dettingen, en Bavière (1743), la dernière à laquelle un monarque britannique participa en personne. Cependant, après les sévères défaites que subit la Grande-Bretagne au début de la guerre de Sept Ans, George II fut contraint d'accepter l'entrée au gouvernement du premier Pitt — George II ne lui pardonnait pas d'avoir critiqué sa politique hanovrienne —, qui redressa la situation. Le règne de George II fut également marqué par la répression de la dernière grande rébellion des jacobites. Son petit-fils George III lui succéda.


1760 - 1820

GEORGE III


Né en 1738 - mort en 1820

Epouse Charlotte-Sophie de Mecklembourg-Strelitz en 1761

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (1760-1820), électeur de Hanovre (1760-1815), puis par décision du congrès de Vienne, roi de Hanovre (1815-1820), sous le règne duquel les colonies américaines accédèrent à l'indépendance, en 1783.

Né à Londres le 4 juin 1738, il est le fils aîné du prince de Galles Frédéric-Louis et le petit-fils de George II. Premier membre de la dynastie des Hanovres à avoir reçu une éducation véritablement britannique, il eut pour premier souci ses prérogatives royales en Grande-Bretagne, tandis que ses deux prédécesseurs, George Ier et George II, avaient laissé gouverner les whigs, s'intéressant surtout à Hanovre. George III s'allia aux tories pour défendre son pouvoir personnel, et usa de la corruption électorale pour gagner à ses partisans des sièges aux Communes.
En 1764, le roi fit arrêter le polémiste Wilkes, membre des Communes, ce qui suscita la colère de l'opinion publique. L'expulsion de Wilkes, immédiatement après sa réélection en 1768, relança la campagne d'opposition. Parmi les pamphlets dirigés contre le roi, les fameuses Lettres de Junius (1769-1772) étaient une réaction virulente aux menaces sur la liberté de la presse et l'inviolabilité parlementaire.
Frederick North fut Premier ministre de 1770 à 1782. North dut autoriser la publication de comptes rendus des débats parlementaires, mais parvint à faire élire une assemblée favorable au roi aux élections de 1774 et 1780. Il fut cependant maladroit dans sa politique américaine, ce qui entraîna la guerre de l'Indépendance. North dut se retirer en 1782, et l'indépendance des États-Unis fut reconnue en 1783. Ceci marquait la fin du gouvernement personnel de George III.


1820- 1830

GEORGE IV


Né en 1762 - mort en 26 juin 1830

Epouse secrètement en 1785 Marie-Anne Fitzherbert (1756-1837), jeune veuve catholique et officiellement en 1795 Caroline de Brunswick (1768-1821)

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (1820-1830), et roi de Hanovre (1820-1830).

George IV, fils aîné du roi George III, et donc prince de Galles, naquit à Londres le 12 août 1762. Il se distinguait par sa prodigalité et son extravagance. En dépit des idées fortement anticatholiques de son père, il se maria secrètement avec la catholique Maria Anne Fitzherbert en 1785. Moins de deux ans plus tard, afin d'obtenir de l'argent pour honorer ses dettes, il autorisa le Parlement à déclarer ce mariage illégal (il l'était déjà selon les lois régissant le mariage et la succession royaux). En 1795, toujours dans le but de liquider ses dettes, il épousa sa cousine Caroline de Brunswick, mais la quitta après la naissance de leur fille, la princesse Charlotte, en 1796. Sa vie dissolue lui valut la désapprobation de la Grande-Bretagne ; lorsqu'il voulut divorcer de Caroline et qu'il l'accusa d'adultère, les foules londoniennes la soutinrent avec un tel enthousiasme que le procès dût être annulé. Cependant, son intelligence et son comportement distingué lui valurent le titre de « premier gentilhomme d'Europe ». George IV devint prince régent en 1811, son père étant devenu mentalement incapable de gouverner, et lui succéda sur le trône en 1820. Il acheva la lutte contre Napoléon Ier, et le fit déporter à Saint Hélène après que l'Empereur fut venu lui demander asile. Il édicta de nombreuses lois réprimant la liberté de la presse, et combattit les troubles incessants qui agitaient l'Irlande. Le fait majeur de son règne est l'acte sur l'émancipation des catholiques, en 1829, accordé par le cabinet Wellington. George IV mourut à Windsor le 26 juin 1830, et son frère Guillaume IV lui succéda.


1830 - 1837

GUILLAUME IV


Né en 21 août 1765 - mort en 20 juin 1837

Guillaume Ier de Hanovre, Guillaume II d'Irlande, Guillaume III d'Écosse

Epouse en 1818 Adélaïde de Saxe-Cobourg-et-Meiningen

Dernier roi à renvoyer son Premier Ministre

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (1830-1837) et de Hanovre (1830-1837). C'est sous son règne que fut adoptée la loi de réforme électorale qui accrut les droits politiques de la bourgeoisie.


Né le 21 août 1765, il est le troisième fils du roi George III et le frère cadet de George IV. Il reçut le titre de duc de Clarence en 1789. En 1818, prétendant inattendu à la succession royale, il épousa une princesse allemande, Adélaïde de Saxe-Meiningen, dont il eut deux filles, toutes deux décédées très jeunes. Il accéda au trône en 1830, succédant à George IV.
Dépourvu de maturité politique, il laissa toute latitude à ses ministres pour gouverner. L'événement majeur de son règne fut l'adoption de la loi réformant le système électoral qui ouvrit le corps des électeurs. Il soutint ardemment ces mesures, sur le conseil de son Premier Ministre, lord Grey. L'abolition de l'esclavage dans les colonies, en 1833, la réforme sur la pauvreté, en 1834, et la loi de réforme municipale, en 1835, suivirent les décisions de 1832. Guillaume fut le dernier dirigeant britannique qui tenta d'imposer au Parlement un ministère impopulaire, en l'occurrence celui de Robert Peel, en 1834-1835.
Mort sans héritier légitime, il eut pour successeurs sa nièce Victoria en Grande-Bretagne, et son frère Ernest-Auguste à Hanovre.


1837 - 1901

VICTORIA Ière


Née le 24 mai 1819 - morte le 22 janvier 1901

Epouse le prince Albert de Saxe-Cobourg-et-Gotha (1819-1861)

Exceptionnellement long (soixante-trois ans), le règne de Victoria a marqué la monarchie britannique — alors à l’apogée de sa puissance — au point qu’on nomme depuis lors cette période l’« ère victorienne ».
Née à Kensington Palace (Londres), Alexandrina Victoria est la fille de Victoria, duchesse de Saxe-Cobourg, et d’Édouard-Auguste, duc de Kent et troisième fils du roi George III de Grande-Bretagne et d’Irlande. George IV et Guillaume IV étant morts sans descendance (respectivement en 1830 et en 1837), leur nièce Victoria devient l’héritière du trône britannique et, le 20 juin 1837, est proclamée reine à l’âge de 18 ans. La transmission de la souveraineté au Hanovre obéissant à la loi salique (interdiction faite aux femmes de régner), son accession au trône entraîne la fin de l’union personnelle du Hanovre et de la Grande-Bretagne — depuis 1714, la région est gouvernée par les rois d’Angleterre issus de la maison de Hanovre.
En février 1840 et contre l’avis de sa mère, la jeune reine indépendante et volontaire épouse son cousin germain Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, avec lequel elle a neuf enfants.
Dès le début de son règne, Victoria montre un intérêt manifeste pour les affaires de l’État, auxquelles elle est initiée par le Premier ministre en place, lord Melbourne, chef du Parti whig (de tendance libérale). Le prince Albert, son époux de sensibilité conservatrice, l’ayant mise en garde contre une politique trop libérale, la reine se détourne bientôt du Parti whig. Après la chute du cabinet Melbourne (1841) et à l’arrivée au pouvoir de sir Robert Peel, Victoria soutient ardemment le Parti conservateur. Toujours sous l’influence de son mari, elle remet en question la tradition selon laquelle le souverain britannique n’a qu’un rôle consultatif et, sans pour autant enfreindre le cadre des règles constitutionnelles, elle acquiert un rôle plus important dans les affaires de l’État. Pour exemple, Victoria, respectueuse de la démocratie parlementaire, a, son règne durant, choisi ses Premiers ministres au sein de la majorité ; c’est la raison pour laquelle elle s’est successivement entourée de conservateurs et de libéraux ; c’est pour cette même raison qu’elle a tissé des relations plus ou moins amicales avec les différents chefs de gouvernement.
En 1850, Victoria défie l’autorité de Palmerston, secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement whig, au pouvoir depuis 1846. Selon elle, le souverain doit au moins être consulté en matière de politique étrangère, exigence que Palmerston ignore. Leur querelle atteint son paroxysme en 1851 lorsque le Premier ministre, lord Russell, révoque Palmerston. Les nombreuses altercations avec Palmerston, qui a l’estime de l’ensemble des Britanniques, coûtent à Victoria et à son époux une bonne part de leur popularité. Celle-ci chute davantage en 1854, lorsque le couple cherche à éviter la guerre de Crimée contre la Russie. Mais une fois le conflit ouvert, Victoria apporte un soutien sans réserve aux Turcs. En 1856, peu avant la fin de la guerre, elle institue même la plus prestigieuse décoration militaire britannique : la Victoria Cross.
En 1857, la reine associe officiellement son mari à son pouvoir en lui conférant le titre de prince consort. Mais en 1861, le prince Albert meurt, laissant Victoria inconsolable. Durant les premières années de son veuvage, elle quitte Londres, se retire dans ses châteaux de Windsor, d’Osborne et de Balmoral et refuse toute prestation publique. Abandonnant au prince de Galles (son fils aîné et héritier Édouard) le soin de remplir la plupart des fonctions de représentation dévolues à la royauté, la souveraine continue cependant à montrer de l’intérêt pour les affaires de l’État.
De nombreux Premiers ministres se succèdent durant le long règne de Victoria, mais seul le responsable du Parti conservateur, Benjamin Disraeli, en charge en 1868 et de 1874 à 1880, obtient la confiance et la sincère amitié de la reine ; ne le définit-elle pas elle-même en ces mots, « un ami véritable, si sage, si bon, si calme » ? Alors que Disraeli laisse la reine libre de nommer les responsables ecclésiastiques, militaires et politiques, Victoria le soutient entièrement dans sa politique de renforcement et d’expansion de l’Empire colonial britannique. En 1876, Disraeli lui attribue le titre d’impératrice des Indes, ce qui lui vaut en contrepartie celui de comte de Beaconsfield. Grâce à une lente orchestration de Disraeli, Victoria revient donc sur le devant de la scène politique, ce qui la rend à nouveau populaire auprès des Britanniques.
Victoria n’entretient pas les mêmes relations avec tous les chefs de gouvernement. En particulier, elle entre fréquemment en conflit avec le chef du Parti libéral, William Gladstone, Premier ministre à quatre reprises entre 1868 et 1894. La reine s’oppose en effet à certaines réformes démocratiques qu’il a annoncées, comme l’abrogation de l’achat des titres militaires et l’autorisation des syndicats, et apprécie peu son art achevé de la discussion. Elle combat également sa politique de « Home Rule » (« autonomie ») en Irlande. Le chef du Parti conservateur, Salisbury, trois fois Premier ministre de 1885 à 1902, sait mieux se faire apprécier. Tout comme Disraeli, il protège les intérêts de la Couronne et élargit l’influence britannique à l’étranger.
La souveraine britannique a donné son nom à la période dite « victorienne », laquelle se caractérise notamment par la montée d’une classe bourgeoise issue de la révolution industrielle et par les révoltes sociales qui en découlent, par un conservatisme et un puritanisme social, par un nationalisme intense et une gloire impériale.
Malgré les délicates expériences socio-économiques du début de règne (chartisme, famine en Irlande, etc.), l’ère victorienne correspond à une période de croissance et de prospérité économique sans précédent. En 1849, le Royaume-Uni abroge les Actes de Navigation — en cours dans le royaume depuis 1651 — et adopte le système du libre-échange.
Dans la même lignée, l’ancien système colonial est abandonné au profit du principe de « gouvernement responsable » ; les colonies canadiennes sont les premières à bénéficier du statut de dominion (État politiquement indépendant au sein de l’Empire) en 1867. Mais déjà en 1857 en Inde, la révolte des Cipayes a engendré la liquidation de la Compagnie des Indes orientales et une réforme de gouvernement dans la colonie ; rappelons qu’en 1876, Victoria reçoit le titre d’impératrice des Indes.
Puis, avec l’ouverture du canal de Suez en 1869, l’expansionnisme britannique devient effréné — comme celui de la France et de l’Allemagne d’ailleurs — et la Couronne prend part au partage de l’Afrique : protectorat sur le Bechuanaland (aujourd’hui Botswana) en 1885 ; création de la Rhodésie en 1894 ; acquisition de l’Ouganda en 1894 ; première implantation au Kenya, guerre des Boers contre les colons du Transvaal et d’Orange (aujourd’hui Afrique du Sud) à partir de 1899, etc.
Outre ces colonies, le Royaume-Uni devient à cette époque la première puissance industrielle mondiale. Symbole de l’industrialisation, le chemin de fer n’est pas de reste ; la volonté affichée de construire un réseau de taille exige une production industrielle considérable de fonte et de charbon ; le pari est gagné puisque le réseau ferroviaire passe de 5 000 km en 1848 à 22 000 km en 1871. De même, l’industrie textile bat son plein durant le règne de Victoria. Partout sur l’île l’industrie se développe et des villes entières, telle Manchester, perdent leurs couleurs, noircies par le charbon.
Mise en scène et exaltation de cette puissance britannique, la première Exposition universelle au monde est organisée à Londres en 1851. Sous la présidence du prince Albert lui-même, plusieurs millions de visiteurs déambulent six mois durant dans de grandioses bâtiments construits pour l’occasion, dont le Crystal Palace, chef-d’œuvre de verre et de fer inaugurant l’âge mécanique.
La pleine production britannique n’est pas sans conséquences sociales. Fruits de la prospérité, les classes « moyennes » (middle class) cherchent à imiter le mode de vie de la vieille aristocratie britannique et des grands patrons de l’industrie. Face à eux se trouve une nébuleuse classe laborieuse (working class) vivant dans l’insécurité quotidienne et la misère des bas-fonds urbains. Pour des salaires de misère, hommes, femmes et enfants travaillent dans les mines, les forges et les manufactures textiles entre douze et quinze heures par jour ; à ce sujet, il est à noter que les premières lois légiférant sur le travail des enfants sont relativement tardives (1878), alors que les lois sociales se multiplient durant le règne de Victoria. Conscient du dualisme de la société victorienne, Friedrich Engels publie en 1845 la Situation de la classe laborieuse en Angleterre. De même, c’est à Londres qu’est publié le Manifeste du parti communiste de Marx et Engels en 1848 et que la Ire Internationale ouvrière est proclamée (1864).
La popularité de Victoria atteint son apogée les vingt dernières années de son règne. Son jubilé d’or (1887) puis son jubilé de diamant (1897) sont l’occasion de fastueuses réjouissances. Beaucoup de ses sujets profitent alors d’une période de prospérité sans précédent. De plus, l’enthousiasme que la souveraine consacre à la guerre des Boers accroît sa renommée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
Le 22 janvier 1901, au terme d’un règne de soixante-trois ans — le plus long de l’histoire du Royaume-Uni —, Victoria meurt à Osborne, dans l’île de Wight. Parce que sa descendance (neuf enfants, quarante petits-enfants) contracte des alliances avec toutes les familles régnantes d’Europe, Victoria a été appelée la « grand-mère de l’Europe ». Pour exemple, en 1858, l’aînée de ses enfants, Victoria-Adélaïde-Marie-Louise, a épousé le prince Frédéric-Guillaume qui l’a associée à son titre lorsqu’il est devenu empereur d’Allemagne et de Prusse sous le nom de Frédéric III (1888) ; l’année même de son couronnement, Frédéric III meurt et le fils qu’il a eu d’avec Victoria-Adélaïde-Marie-Louise accède au titre impérial sous le nom de Guillaume II. En 1894, la petite-fille de Victoria, Alice de Hesse-Darmstadt, s’est mariée au tsar Nicolas II de Russie. Enfin en 1901, le fils aîné de Victoria, le prince de Galles Albert Édouard — qui a épousé en 1863 Alexandra, la fille de Christian X de Danemark —, lui succède à l’âge de soixante ans sous le nom d’Édouard VII.

MAISON DE SAXE-COBOURG


1901 - 1910


ÉDOUARD VII

Né le 8 novembre 1841 - mort en 1910

Fils de Victoria Ière

Epouse en 1863 Alexandra (6 mai 1844-1925), fille aînée du Roi Christian IX de Danemark

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande, empereur des Indes (1901-1910), qui contribua, en améliorant les relations entre la Grande-Bretagne et la France, à la conclusion de l'Entente cordiale.


Né au palais de Buckingham, à Londres, fils aîné de la reine Victoria et du prince Albert, il fréquenta les universités d'Édimbourg, d'Oxford et de Cambridge. En 1860, il se rendit au Canada, ouvrant la voie à la pratique des visites d'amitié effectuées par les membres de la famille royale britannique, en particulier par le prince de Galles, dans les dominions britanniques et à l'étranger.
En 1863, il épousa Alexandra, fille aînée du roi Christian IX de Danemark. Avant son accession au trône, il assuma surtout des fonctions honorifiques, fit de nombreux voyages et noua des contacts personnels précieux, particulièrement en Russie et en France, dans les milieux politiques et mondains. L'intérêt qu'il portait aux sports, notamment au yachting et aux courses hippiques, lui valut, dans son pays, une grande popularité.
Devenu roi en 1901, Édouard chercha, dès le début de son règne, à renforcer l'amitié entre les États européens, alors en proie à des tensions politiques croissantes. Il se rendit dans plusieurs capitales européennes de 1901 à 1904, et sa politique étrangère favorisa la signature de traités compromissoires, conclus de 1903 à 1904 entre la Grande-Bretagne et la France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Portugal. Il joua également un rôle de premier plan dans la mise en œuvre de deux accords qui renforcèrent la position de la Grande-Bretagne sur le continent : l'Entente cordiale de 1904, rapprochement franco-britannique, et un traité signé entre la Russie et la Grande-Bretagne en 1907. En 1909, la visite diplomatique qu'il rendit à l'empereur Guillaume II, son neveu, permit de dissiper pour un temps les soupçons de l'Allemagne, qui craignait que les relations cordiales entretenues par la Grande-Bretagne, la France et la Russie n'aient pour autre but que de l'affaiblir. Les efforts qu'il fit pour consolider l'entente internationale lui valurent le surnom d'Édouard le Pacificateur.
Cinq enfants naquirent de son union avec Alexandra. L'un de ses fils, George, duc d'York, lui succéda sous le nom de George V ; sa plus jeune fille, la princesse Maude Charlotte Mary Victoria, épousa, en 1896, son cousin, le prince Charles de Danemark, qui allait devenir le roi Haakon VII de Norvège.




MAISON DE WINDSOR



Nom de la famille royale de Grande-Bretagne, adopté en 1917 par proclamation du roi George V, d'après le nom de l'une de ses résidences, le château de Windsor. Ce changement de nom fut décidé pour manifester le patriotisme de la famille royale, qui portait un patronyme à consonance germanique, alors que la Grande-Bretagne était en guerre avec l'Allemagne. Les membres régnants de la maison de Windsor ont été George V, Édouard VIII, George VI et Élisabeth II.
Avant l'adoption du nom de Windsor, la famille royale britannique s'appelait Saxe-Cobourg-Gotha, par suite de l'union de la reine Victoria avec l'un de ses cousins allemands, le prince Albert. Selon les termes de la proclamation de 1917, les descendants de Victoria en ligne masculine qui avaient la qualité de sujets britanniques devaient porter le nom de Windsor. En 1952, ces termes furent appliqués par décret à la descendance masculine de la reine Élisabeth II. En 1960, ce décret fut modifié et disposa que seuls les propres enfants d'Élisabeth, princes et princesses titrés, ainsi que la descendance de ses fils, porteraient le nom de Windsor, alors que ses autres descendants prendraient le nom de Mountbatten-Windsor, Mountbatten étant le nom de son mari, le prince Philippe, duc d'Édimbourg.


1910 - 1936

GEORGE V


Né le 3 juin 1865 - mort le 20 janvier 1936

Fils d'Édouard VII

Epouse en 1893 Marie de Teck (1867-1953)

Mort par euthanasie

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord et empereur des Indes (1910-1936), qui, en 1917, renonça à tous les titres allemands appartenant à la branche anglaise des Saxe-Cobourg-et-Gotha et proclama la maison de Windsor.

Deuxième fils du futur Édouard VII, devenu prince héritier à la mort de son frère aîné, George V monte sur le trône le 6 mai 1910 . Dès le début de son règne, il doit peser en faveur du règlement de la querelle constitutionnelle et de l’abaissement de la Chambre des lords. Il tente aussi de préserver les chances d’une solution pacifique en Irlande. Attentif au déroulement de la guerre, il sera le protecteur et l’ami personnel du général (puis maréchal) Haig ; en 1917, il prend la décision de conférer des titres purement anglais aux membres de la famille royale porteurs de patronymes germaniques et de donner à cette famille le nom de Windsor. Au lendemain du conflit, il observe loyalement les limites de ses pouvoirs et n’hésite pas, en 1924, à faire pour la première fois appel à un Premier ministre travailliste. À partir de 1926-1931, son rôle s’est accru par le fait que la personne royale constitue le seul lien visible entre les États membres du nouveau Commonwealth of Nations. Son influence sur les événements de 1931 est discutée : d’aucuns pensent qu’il a favorisé la constitution d’un gouvernement d’union nationale et particulièrement contribué à convaincre MacDonald d’en prendre la direction. Sa popularité ne fait que croître tout au long de son règne, ce dont témoigne l’éclat des fêtes du jubilé en 1935.



1936 (le 20 janvier)


ÉDOUARD VIII


Né le 23 juin 1894 - mort le 28 mai 1972

Investi Prince de Galles en 1911

Abdique le 1er décembre 1936 et devient le Duc de Windsor

Epouse le 03 juin 1937 Bessie Wallis Warfield (1896-1986) Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, et empereur des Indes (20 janvier-11 décembre 1936), qui reçut le titre de duc de Windsor après son abdication.

Fils du roi George V, il participa à la Première Guerre mondiale en tant qu'officier, puis remplit son rôle de prince héritier, entreprenant des tournées officielles dans les colonies britanniques et soutenant divers projets d'ordre social.
Très populaire, il succéda à son père en janvier 1936 sous le nom d'Édouard VIII. Lié depuis 1934 à Mme Wallis Warfield Simpson, femme de nationalité américaine vivant séparée de son mari, il décida de l'épouser après son divorce. L'annonce de ce mariage déclencha un scandale et une crise gouvernementale animée par le Premier ministre conservateur Stanley Baldwin, opposé à ce que le chef de l'Église d'Angleterre épousât une divorcée. En décembre 1936, Édouard VIII, préférant l'amour à la couronne, abdiqua en faveur de son frère le duc d'York, qui fut couronné sous le nom de George VI. Édouard VIII reçut le titre de duc de Windsor et épousa Mme Simpson en juin 1937.
Compromis par ses relations avec l'Allemagne nazie qui envisageait de le remettre sur le trône après l'invasion de l'Angleterre, le duc de Windsor fut nommé gouverneur des Bahamas (1940-1945), à l'initiative de Winston Churchill. Il fut ainsi habilement éloigné des manœuvres nazies pendant toute la durée de la Seconde Guerre mondiale.


1936 - 1952


GEORGE VI


Né le 14 décembre 1895 - mort le 16 février 1952

Frère d'Édouard VIII

Epouse le 26 avril 1923 Lady Elisabeth Bowes-Lyon des Comtés de Strathmore et Kinghorne (04 août 1900)

Roi de Grande-Bretagne et d'Irlande du nord (1936-1952), et empereur des Indes (1936-1947), de la maison des Windsor.

George VI naquit à Sandringham, dans le Norfolk, le 14 décembre 1895. Second fils de George V, il fit ses études au Trinity College de Cambridge et au Royal Naval College de l'Île de Wight. En 1923, il épousa lady Elisabeth Bowes-Lyon dont il eut deux filles : Élisabeth Alexandra Marie, qui devint la reine Élisabeth II, et Marguerite Rose. George VI succéda sur le trône à son frère, Édouard VIII, après l'abdication de ce dernier. À la suite de son couronnement en 1937, le roi George, accompagné de son épouse, se rendit pour des visites de courtoisie en France, en 1937, au Canada et aux États-Unis, en 1939. Ces visites furent interrompues par la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle le roi se rendit sur plusieurs fronts en Europe. En 1947, la famille royale passa plusieurs mois en Afrique du Sud. Le règne de George VI fut marqué par l'abandon du titre d'empereur des Indes à la suite de l'indépendance du pays, en 1947. Il mourut à Sandringham le 6 février 1952, et Élisabeth II lui succéda.


1952 -


ÉLISABETH II


Né le 21 avril 1926 à Londres

Fille de George VI

Epouse le 20 novembre 1947 le prince Philippe de Grèce et de Danemark qui devient le 28 février 1947 sujet britannique et s'appelle Philippe Mountbatten, titré le jour de son mariage Duc d'Édimbourg, Comte de Merioneth et Baron de Greenwich

Reine de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord (1952- ), fille du roi George VI

En 1944, elle suppléa son père, alors sur le front italien, dans l'exercice de ses fonctions officielles. En 1947, elle épousa le prince Philippe de Grèce, titré duc d'Édimbourg, et un an plus tard donna naissance à un fils, Charles, héritier du trône et futur prince de Galles, qui fut suivi d'une fille, Anne, en 1950. À la mort de son père en février 1952, elle lui succéda sur le trône. Elle mit au monde un deuxième fils, Andrew, en 1960, et un troisième fils, Édouard, en 1964.
Le règne d'Élisabeth fut marqué par les grands changements qui affectèrent la puissance britannique après la Seconde Guerre mondiale. Au début des années 1980, environ quarante colonies, protectorats et pays sous mandats, autrefois possessions britanniques, étaient devenus indépendants. À partir des années 1960, l'Irlande du Nord, théâtre de l'affrontement entre protestants et catholiques, s'imposa comme un problème politique majeur. Sur le plan intérieur, la nation dut faire face aux incidences du vieillissement de son appareil industriel et à la crise économique résultant du choc pétrolier de 1974. En 1973, la Grande-Bretagne devint membre de la Communauté économique européenne (devenue l'Union européenne). Depuis le début de son règne, la reine Élisabeth s'est efforcée d'incarner le symbole de l'identité nationale et de garantir la stabilité des institutions britanniques, malgré la modestie du rôle politique que lui assignent les institutions. Elle a manifesté de manière constante l'intérêt de la Grande-Bretagne pour ses anciennes colonies en effectuant de fréquentes visites officielles dans les pays du Commonwealth.
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